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Un coureur régional se distingue à la Flèche Wallonne

« Cette échappée, elle vaut une victoire »

Pardini a passé la journée dans le groupe de tête, résistant au peloton jusqu’à 30 km de la ligne d’arrivée.

On a vu que lui ! Durant plus de quatre heures, Olivier Pardini a pédalé dans l’échappée de la Flèche Wallonne. Récit d’une journée inoubliable pour le Haccourtois de WB-Veranclassic.

La foule massée sur la Grand’Place de Binche était digne d’un rondeau final de carnaval fin février. Cibles des acclamations, les 200 hommes du peloton de la Flèche Wallonne dont les quatre mousquetaires liégeois de WB-Veranclassic-Aqua Protect étaient évidemment au centre des attentions. « C’est fantastique de retrouver autant de monde et de ferveur », sourit Olivier Pardini, 31 ans et émerveillé comme un gamin un jour de Saint-Nicolas. « De Binche à Huy, ce fut grandiose en termes de public, d’applaudissements et d’encouragements. »

Pour sa toute première participation sur la classique wallonne, le Haccourtois a accompli sa mission en mettant en évidence le maillot jaune fluo de son équipe. « Je n’étais pas stressé, mais je ressentais un peu de pression car je faisais partie des quatre chargés de prendre l’échappée », reconnait-il. « Le Mur de Thuin s’avérait crucial, car placé en début d’épreuve. Antoine Warnier avait tenté un coup auparavant, et étant bien placé à Thuin j’ai pu attaquer sur le sommet et sortir. » Accompagné par Pollitt (Katusha) et Bagot (Cofidis) puis rejoint par Doubey (Wanty-Groupe Gobert, Guillemois (Direct Energie) et Pearson (Aqua Blue), le sextet de fuyards a compté jusqu’à six minutes d’avance sur le peloton. « Une longue journée, éprouvante avec un vent de face toute la journée. Nous étions toujours en prise, avant même les premières ascensions. »

LE DERNIER RESCAPÉ

L’écart a commencé à se réduire sérieusement à l’approche du Mur de Huy, franchi pour la 1re fois à 58 bornes de l’arrivée. « On a perdu deux coureurs dans le Mur, puis Doubey sur le sommet. J’avais prévenu que je ferais la descente vers Marchin à bloc, mais les autres n’ont pas pu me suivre. Alors j’ai signé un petit numéro dans la vallée avant d’être repris dans Cherave. Rouler en solo, en dernier rescapé, constituait l’apothéose de la journée. J’aurais rêvé d’arriver seul au pied du mur pour le 2e passage, mais ça a roulé fort derrière. Et prendre l’échappée en World Tour, sur la Flèche, ça vaut bien une victoire. J’ai vraiment pu profiter du public, de la ferveur et du soutien. Des inconnus criaient mon nom, c’était fantastique, inédit. J’ai déjà roulé pas mal de courses, et je ne m’attendais pas à voir autant de monde sur les routes wallonnes. »

Epuisé, Pardini a « bâché » à un tour de l’arrivée. « Terminer n’est pas une fin en soi », rappelle-t-il. Une bonne douche dans le bus, et la récupération en vue de Liège-Bastogne-Liège est entamée. « Et pourquoi pas encore à l’avant ? Quand le moral est bon, les jambes suivent. » 

 

MAXIME SEGERS (dans LA MEUSE du 20 avril 2017)

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