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Une lettre de 1935 dont on parlera dimanche...

La lettre ci-dessus fait partie des archives déposées au Fonds d'Histoire du Mouvement wallon. Le périodique "Le Foron" l'a publiée en 1983 dans le cadre d'un article d'André Lefebvre intitulé "Ses amis (politiques) on les choisit, sa famille on la subit".

Cette lettre est évidemment importante pour parler de l'histoire de l'enseignement aux Fourons, thème principal de la 41ème Fête du Peuple fouronnais.

Le 8 novembre 1935, l’administration communale de Fouron-le-Comte s’adresse en ces termes au Premier Ministre :

Nous avons l’honneur de venir solliciter une révision de la loi du 28 juin 1932, sur l’emploi des langues en matière administrative et judiciaire.

Cette loi classe notre commune comme néerlandaise purement unilingue et nous force à correspondre en cette langue  avec les autorités supérieures, de faire les publications au public et de tenir nos registres uniquement en néerlandais.

Or de temps immémorial, notre commune a été administrée en français, voire même sous la domination hollandaise, et les Publications ont toujours ont toujours été, et seront toujours faites dans les 2 langues ; la correspondance en français n’a jamais causé la moindre difficulté.

Lors du vote de cette loi, les législateurs se sont basés sur le recensement décennal qui a induit en erreur la grande majorité de la population laquelle, en répondant affirmativement à la question concernant l’emploi usuel du flamand, a été surprise dans sa bonne foi, car elle ne s’attendait pas aux conséquences funestes de leur réponse qui avait ses répercussions jusque dans l’enseignement.

Le flamand dont on se sert dans notre région n’est pas du néerlandais, mais un patois composé exclusivement d’expressions wallonnes et allemandes.

Les parents ont toujours réclamé plus de leçons en français à l’école et de nombreux enfants auxquels il n’est pas donné des faire des études supérieures se voient forcés de quitter nos écoles pour aller faire leurs études primaires dans les communes wallonnes voisines.

La nouvelle génération ne sera plus à même de soutenir la lutte pour la vie, si elle ne s’assure pas la connaissance du français ; nous n’avons en effet que très peu de relations avec la région flamande du pays, toutes les transactions se faisant principalement avec la Wallonie.

Monsieur le Premier Ministre,

Nous sollicitons l’autorisation de maintenir l’ancien régime dans le domaine administratif, de donner l’enseignement du français à l’école à partir du 2e degré, de manière que les enfants qui ne continuent pas leurs études au-delà de l’école primaire, puissent au moins tenir une conversation dans les deux langues, chose indispensable de nos jours.

En ce qui concerne la question judiciaire, nous désirons comme par le passé, faire partie de l’arrondissement judiciaire de Liège, de la Justice de Paix de Dalhem.

Nous demandons du Juge de Paix de Dalhem qu’il comprenne le flamand, ou qu’il soit assisté d’un interprète flamand, c’est le moyen bien simple de satisfaire wallons et flamands et surtout le moins dangereux de provoquer la division entre flamands et wallons et pour maintenir la Belgique une et indivisible.

Espérant qu’une solution favorable pourra être donnée à notre requête, nous vous prions, Monsieur le Premier Ministre, d’agréer l’assurance de nos sentiments très respectueux.

 

Cette lettre est signée par le secrétaire communal et le Bourgmestre Henri Broers (père de Hubert Broers qui sera conseiller communal à  Fouron-le-Comte puis de la commune fusionnée jusqu’en 1982, grand-père de Huub Broers, qui sera conseiller communal à partir de 1983, échevin de 1989 à 2000, puis bourgmestre… et sénateur NVA).

Commentaires

  • Cette lettre ne me gène pas du tout. Mon grand-père était bourgmestre en province de Liège et surtout Belge. Du côté de ma mère on était flamand mais aussi du côté belge pendant la guerre. Ils sont devenus “plus flamand” après guerre quand ils ont vu ce que “les Belges” (en rien comparable au docteur très honorabele Goffin) qui collaboraient pendant la guerre (pensez aux familles rexistes dans votre village - sic) mais qui poursuivaient ceux qui se disaient flamands. Certains de ces collabos (aujourd’hui familles francophones politiques à Fourons) devenaient instituteur en chef, bourgmestre , etc. Ces scandaleux soutenaient les Allemands qui enlevaient la liberté du père de votre échevin Smeets et mon oncle Jef Huynen. (Qui déclaraient être ou se sentir plus flamand avant qu’ils soient libérés). Je vous rappelle que la famille flamande Belboom reprenait le mayorat à Fouron-le-Comte (E.a. Le frère de ma grand-mère). Conclusion: la lettre ne me gène pas du tout, d’autant plus que mon grand-père ne lisait ni écrivait votre langue. Vous dites dictature linguistique???

  • Il y a plus que cette lettre. C'était mon qui à l'époque demandait quelques heures de français dans l'enseignement néerlandophone (en mémoire: au temps de la provincie de Liège il n'y avait que d'enseignement néerlandais à FLC). Pour vous dire que les Broers étaient donc demandeurs de l'enseignement du français comme il existe maintenant en toute Flandre!

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