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Jacques Donnay va brûler ses œuvres

De nos jours, la vie d'artiste est de plus en plus compliquée. L’intérêt de la population pour l'art ne cesse de baisser. Jacques Donnay a décidé de poser un geste fort afin de bousculer les esprits et les habitudes. Le Dalhemois vend son fond d’atelier. Et tous les tableaux qui ne trouveront pas acquéreur... seront brûlés !
Ce samedi après-midi, Jacques Donnay fera un feu en compagnie d’une partie de ses amis. Mais il ne brulera pas n'importe quoi. En effet, l’artiste dalhemois va incinérer une partie de ses œuvres. « Plus personne ne s'intéresse à l'art. La donne est similaire en France, un pays où je prends part à diverses expositions. C'est de plus en plus difficile de vendre un tableau, déplore l’artiste de 70 ans.

45 ANS DE CARRIÈRE
Cet homme qui a déjà 45 ans de carrière ne compte toutefois pas mettre un terme à son activité professionnelle. « Mais je suis à un moment où je dois faire des choix. En fait, un artiste arrivant au crépuscule de sa vie a derrière lui une carrière rythmée par des parcours divers, et des projets qui l'ont poussé à une envie créatrice débordante. J'ai tout conservé. Ce que je ne parvenais pas à vendre se trouve ainsi dans mon fond d'atelier. Un jour, l'artiste et sa famille décident de se séparer d'une quantité envahissante d'œuvres. C’est alors l’opportunité pour le public Capture d’écran 2017-12-09 à 08.06.28.pngd'acquérir de véritables trésors cachés à des prix modestes et de découvrir un peintre, tout en appréciant son évolution artistique. Concrètement, voilà où j'en suis dans ma carrière professionnelle ». Jacques Donnay vend ainsi son fond d’atelier, un endroit où sont amassés plusieurs dizaines d’œuvres peintes, dessins, esquisses, illustrations... « Le fond d'atelier d'un artiste, c'est sa mémoire. Mais aussi une partie de son âme. Se séparer de tableaux lors d'une vente, c'est le fonds de commerce d'un artiste. Au fil du temps, les gens sont toutefois de moins en moins intéressés par l'art. Ils trouvent les prix de vente exagérés. Ils ne voient pas le temps passé pour concevoir une œuvre. J’ai beaucoup trop de tableaux. Je ne sais plus où les mettre. Ce qui ne trouvera pas acquéreur devra être brûlé, je n'ai pas d'autre choix ».


UN GESTE FORT
Ce samedi à partir de 16h30, Jacques Donnay incinérera donc une centaine de tableaux. Un geste fort ! « Ce choix est lié à un manque d'intérêt du public, mais aussi des pouvoirs publics. Je dois faire place dans mon fond d'atelier si je veux encore pouvoir concevoir de nouvelles créations. Les œuvres que je n'ai pas su vendre se trouvent donc chez moi. Le weekend prochain (vendredi, samedi et dimanche de lOh à 19h et sur rendez-vous), mon fond d’atelier sera ouvert au public. Ce dernier se trouve rue Henri Francotte, numéro 11, à Dalhem. J’espère que le public marquera un intérêt pour mes créations. Car tout ce qui ne trouvera pas acquéreur dans les prochaines semaines sera, hélas, détruit à tout jamais. De nouveaux feux seront en effet organisés afin d'incinérer les créations qui n’ont pas été vendues ».


YANNICK GOEBBELS dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 9 décembre 2017

Commentaires

  • une peinture,un croquis,un dessin c'est comme un livre ,CELA NE SE BRULE JAMAIS!

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