Troiano en recours à la Cour européenne

Amédeo Troiano (38 ans) continue de clamer son innocence. Après avoir vu son pourvoi en Cassation rejeté, il a décidé d’introduire un recours devant la Cour européenne. Le 23 février dernier, il a été condamné à la perpétuité pour l’assassinat du banquier Benoît Philippens et pour les meurtres de Carol Haid et du jeune Esteban Counet.

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« Vous avez détruit ma vie. Je n’ai pas tué ces personnes ». C’est en ces termes qu’Amédeo Troiano s’était adressé au jury populaire en cette journée du 23 février 2017. Depuis sa cellule de la prison de Huy, l’homme continue de nier les faits, à savoir l’assassinat du banquier Benoît Philippens et les meurtres de Carol Haid et du jeune Esteban Counet. Immédiatement après le verdict de culpabilité, il avait d’ailleurs introduit, via ses avocats (M es Wilmotte et Zevenne) un pourvoi en Cassation.

Si la Cour de cassation estimait qu’une ou plusieurs erreurs de droit avaient été commises durant le procès de Troiano, elle pouvait casser l’arrêt de la Cour d’assises, un nouveau procès devait alors se jouer. Ce qui n’avait pas été le cas ici, puisque le pourvoi avait finalement été rejeté.

Cette semaine, Alexandre Wilmotte a rendu visite à son client pour lui faire signer un nouveau recours. Devant la Cour européenne cette fois-ci. « Le recours est sur le point d’être introduit », nous explique l’avocat hutois. « La date à laquelle le dossier sera examiné n’est pas encore fixée, mais les délais sont assez longs. » Pour appuyer ce recours, les avocats du Verviétois vont se baser sur la forme et le fond du dossier. « La manière dont le procès s’est tenu, les incidents de procédure, la motivation de la décision, notamment », précise encore le conseil d’Amédeo Troiano. Il ne sera en tout cas pas facile pour le trentenaire et ses avocats d’abroger la décision de la cour d’assises.

Celle-ci avait été particulièrement intransigeante dans son jugement rendu en février dernier, se basant notamment sur des analyses informatiques, sur les déclarations contradictoires de l’accusé concernant son emploi du temps, sur des microtraces de poudre sur une veste, sur une voiture similaire à celle de Troiano filmée par une station-service à proximité du lieu du crime, ou encore sur le fait qu’il possédait une arme à feu.

UN PRÊT REFUSÉ EN 2011

Pour rappel, en 2011, Amédeo Troiano avait effectué une demande de prêt auprès de la banque BNP Paribas Fortis et avait réalisé des investissements trop rapides. Son prêt finalement refusé, il avait ensuite entretenu une rancœur à l’égard du banquier et l’avait rendu responsable de ses déboires financiers. Le 18 avril 2014, vers 22h20, le banquier, Benoît Philippens, sa compagne Carol Haid et le filleul de celle-ci, Esteban Counet, avaient été froidement abattus dans l’allée de garage de la maison du couple à Visé. 

ALLISON MAZZOCCATO dans LA MEUSE du 22 décembre 2017

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