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Un géant US s’intéresse au platdutch de chez nous

Un géant américain actif dans la traduction et la reconnaissance vocale, Lionbridge, cherche des Belges dont le langage courant est truffé de mots et d’expressions bien de chez nous.Capture d’écran 2018-02-01 à 08.17.31.png

Le mail est parti de Tampere, en Finlande, pour le compte d’un gros groupe américain, Lionbridge, à destination d’habitants de l’est de la province de Liège. Le but : trouver 200 habitants parlant le « low dietsch », ce qu’on appelle communément chez nous le « plat’ ». L’objectif est d’améliorer les systèmes de reconnaissance vocale mis au point par le groupe en tenant compte du vocabulaire, des accents et des intonations de tous les jours propres à la région. Pas que les mots issus du dialecte, mais aussi ceux relevant de la langue officielle, mais propres à la région. Ce que l’on nommerait des belgicismes ou des régionalismes, par rapport au français de France ou à l’allemand.

Pour obtenir un résultat cohérent en région de « low dietsch », Lionbridge cherche un échantillon large et varié d’environ 200 locuteurs qui seraient d’accord d’être enregistrés, à domicile ou via GSM, durant une demi-heure. Les participants, majeurs, peuvent s’inscrire par mail. De plus, le groupe cherche des enquêteurs de terrain. Pour Leo Wintgens, spécialiste du « Ostbäljesch plat’ » et auteur de deux atlas linguistiques en répertoriant les variantes, « cette initiative paraît intéressante, pour autant que ce soit fait scientifiquement ». Ce qui semble être le but de Lionbridge qui s’enquiert notamment des origines du participant et d’éventuelles périodes où il aurait vécu à l’étranger. Le « Ostbäljesch plat » en question, souligne-t-il, relève du bas francique ripuaire ou francique carolingien. En Belgique, on le cause dans les Fourons et le nord de la Communauté germanophone, mais aussi dans les entités francophones de Plombières, Welkenraedt, Baelen et dans de vieilles familles aubeloises. Avec parfois des variations locales. Ainsi, pour désigner la cuisine, un Aubelois dira plutôt « de keuke », alors qu’à Hergenrath, ce sera « de köche ».

Le bas francique ripuaire traverse les frontières. Côté allemand, dans la région d’Aix-la-Chapelle, il s’avance jusque devant les portes de Stolberg et d’Eschweiler. Aux Pays-Bas, dans la botte du Limbourg, on le parle jusqu’aux portes de Maastricht et vers le nord, jusqu’aux abords de Roermond. Au sud, dans notre Eifel, on parle encore le francique carolingien, mais il y est plus influencé par le parler d’Aix. Contrairement à d'autres, Lionbridge ne confond pas notre platdutch avec le dialecte limbourgeois (note du blogueur).

Le groupe américain ne compte pas se limiter au francique carolingien. Il se lance aussi dans la collecte de données dans nos régions où l’on cause wallon et picard, par exemple. Mais là, le projet est moins avancé. Lionbridge est spécialisé dans la traduction, la localisation, l’interprétation, le développement et le test de logiciels. 

YVES BASTIN dans LA MEUSE VERVIERS du 1er février 2018

à noter  pour participer à la collecte des données : http://your_voice_fr-BE.register-lionbridge.com (qui vous promet même un indemnisation via PayPal)

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