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L’incroyable mérite sportif de Thibaud Thomanne

C’est en quelques secondes que sa vie a basculé. La date du 22 janvier 2016 restera à jamais gravée dans la mémoire de Thibaud Thomanne. « Cela aurait dû être une journée comme les autres. Et pourtant, elle a marqué le début d’une nouvelle vie », explique le Dalhemois de 24 ans. « En effet, c’est ce jour-là que, suite à une banale chute dans un escalier, je me suis brisé la colonne vertébrale ».

OPÉRÉ DURANT 8 HEURES

Le début d’un véritable calvaire. « Ma maman a effectué les premiers soins avant l’arrivée des secours. À l’hôpital, une opération d’urgence fut décidée. J’avais la moelle épinière comprimée entre deux vertèbres. Lors de Capture d’écran 2018-03-09 à 04.05.24.pngl’intervention qui a duré huit heures, les médecins ont placé deux broches de 22 centimètres et huit vis. J’ai été plongé dans le coma pendant 48 heures et, à mon réveil, j’ai compris que mes jambes étaient paralysées, insensibles. Depuis ce jour, rien n’est plus comme avant ». Émotionnellement, le choc fut intense. « Surtout que les médecins n’étaient pas optimistes : « Oui tes jambes remueront un peu mais jamais elles ne pourront te porter ou se remuscler », m’a-t-on dit. Mais après quelques semaines de repos forcé, j’ai commencé à ressentir des picotements dans les jambes. Aussi désagréable soit-elle, cette sensation, présente 24 heures sur 24, était bel et bien signe d’espoir. En effet, si j’avais à nouveau des sensations, rien ne m’empêchait de pouvoir, à force de travail, faire à nouveau bouger mes muscles ».

PREMIERS PAS AVEC DES BÉQUILLES

C’est ainsi que Thibaud a redoublé d’efforts. « J’ai fait des séances de kinésithérapie deux fois par jour et six fois par semaine. Après cinq mois à l’hôpital, ces heures d’efforts cumulées au fil des jours, des semaines, voire même des mois, représentaient mon premier exploit sportif. Ainsi, contrairement aux prévisions, j’ai fait mes premiers pas avec des béquilles. » Même si on lui a retiré ses broches, tout n’est cependant pas rose. « Des muscles et des terminaisons nerveuses restent inopérants voire très affaiblis. C’est avec une attelle au pied gauche et un mollet droit qui ne se contracte plus que je peux enfin regagner mon domicile ».

Toujours prêt à repousser ses limites, Thibaud s’est toutefois remis à la pratique sportive. « En mai 2017, quand mon état s’est stabilisé, j’ai acheté un vélo et des rouleaux pour pouvoir en faire dans mon appartement. Eh bien, j’arrivais à pédaler sans difficulté ! Le lendemain, j’ai enfourché ma bécane pour aller souhaiter un heureux anniversaire à mon papy. Cette première sortie de 35 km s’est bien passée. Je pouvais donc refaire du sport. J’ai alors contacté Luc Huberty, un triathlète qui a été amputé au niveau du fémur, il y a 17 ans. Il a créé une association (Leg’s Go) qui finance l’achat de prothèses de courses à pied (entre 5.000 et 15.000 euros) pour les offrir à des personnes amputées comme lui ». C’est ainsi que Thibaud est devenu paratriathlète (course à pied, en vélo puis à la nage), ce qui lui a permis de remporter le mérite sportif de la commune de Dalhem. Grâce à une belle suite d’exploits (25h vélo de Hermalle-sous-Argenteau, 3e du triathlon de la Gileppe, vainqueur du triathlon d’Oupeye…). 

YANNICK GOEBBELS dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 9 mars 2018.

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