Il y a 100 ans, de Spa à son lieu d'exil hollandais en passant par Mouland et Eijsden

Bundesarchiv Bild 183-R12318, Eysden, Kaiser Wilhelm II. auf Weg ins Exil

Le 7 novembre, un train spécial amenait les parlementaires envoyés par le gouvernement de Berlin pour négocier un armistice avec les puissances alliées. Après une rencontre avec Hindenburg et une communication téléphonique avec le généralissime Foch depuis la villa Beaumont, sur les hauteurs de Spa, la délégation a quitté la ville en direction de Compiègne, dans cinq automobiles qui ont arboré m drapeau blanc dès leurs premiers tours de roues. Trois jours plus tard, dans la clairière de Rethondes, elle signerait nom de l’Allemagne la suspension des hostilités
De plus en plus angoissé, Guillaume II a quitté la Fraineuse pour aller dormir dans une villa réquisitionnée, dénommée Red Castle, entre le 8 et le 9. Dès le 26 octobre, il avait limogé LudendorfF qui lui avait fermement conseillé d’ouvrir des pourparlers de paix. La défaite militaire était désormais définitive, les grèves paralysaient la capitale, le chancelier Max de Bade démissionnait et la république était proclamée. Aux côtés de son fils le Kronprinz qui venait de quitter son état-major de Waulsort, au sud de Dinant, l’empereur a tenu un dernier conseil avec une cinquantaine d’officiers au Grand Hôtel Britannique. Puis il a regagné la Fraineuse où il a signé son abdication dans l’un des salons d’angle du rez-de-chaussée.

Sa fuite vers les Pays-Bas neutres a été organisée pour le petit matin du lendemain, le 10 novembre. Sa dernière nuit spadoise, qui fut courte, le Kaiser l’a passée à la gare, dans son train à quai. Il avait laissé son épouse à la Fraineuse et délibérément abandonné son chien. L’animal - un berger allemand qu’il avait appelé Lux — a été recueilli par le tenancier d’une auberge proche. Guillaume II avait troqué sa tenue et ses insignes pour un uniforme de général parmi les autres.
Le convoi ferroviaire s’est ébranlé à 5h de la nuit en direction de Maastricht via Liège. Après 6 km à peine, arrêt en plein bois, à la halte desservant le village de La Reid. Plusieurs limousines attendaient. Transbordement du monarque déchu dans l’une des automobiles afin de contourner les comités de soldats en révolte, aux abords de la gare des Guillemins. Les autos ont atteint Eijsden, le premier village néerlandais... où le Kaiser a attendu son train spécial et son wagon-lit. Le lendemain, le 11 novembre, le gouvernement des Pays-Bas lui signifiait que l’accès au territoire lui était accordé. Le train repartait vers la région d’Utrecht où l’ex-empereur allemand allait passer 22 années d’exil, jusqu’à sa mort en 1941.

(Extrait du livre "Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Institut du Patrimoine wallon, de Daniel Conraads et Dominique Nahoé).

 

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