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Emploi des langues

  • Discriminations linguistiques: Experts et francophones de Flandre sur la même longueur d’onde...

    "Le premier rapport d’évaluation des lois antidiscrimination de 2007 est aujourd’hui sur la table de la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, Zuhal Demir (N-VA)" peut-on lire dans le numéro d’été des "Nouvelles de Flandre", publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

    Au directeur de l’APFF, Edgar Fonck, d’expliquer: "Le rapport sera examiné par les députés qui décideront de la suite à réserver aux 33 recommandations formulées par la Commission d’évaluation présidée par Françoise Tulkens, ancienne juge et vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. D’entrée de jeu, Madame Tulkens confie, dans une interview publiée sur le site du Vif: 'les discriminations minent la démocratie'.

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  • Les francophones de Flandre dénoncent l’absence d’organe chargé de lutter contre les discriminations linguistiques

    Le dixième anniversaire de la loi "antidiscrimination" est l’occasion pour la Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF)(1) qui regroupe six associations représentatives des 310.000 francophones de Flandre, en ce compris la périphérie de Bruxelles et l’entité des Fourons, de rappeler que la Belgique ne dispose toujours pas d’une institution compétente pour traiter des discriminations linguistiques.

    La langue fait pourtant partie des critères protégés par la loi "antidiscrimination" du 10 mai 2007. Il est en outre prévu dans la loi que "le Roi désigne l'organe qui sera compétent pour les discriminations fondées sur la langue" (article 29, §2). Ce n’est hélas toujours pas le cas, malgré la candidature d’UNIA (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances) à ce poste.

    Les discriminations subies par les francophones de Flandre sont fréquentes: accès aux logements sociaux, rapports avec l'administration, refus de subventions aux associations culturelles et sportives francophones, pressions sur les commerçants qui utilisent une autre langue que le néerlandais dans leurs relations commerciales, refus de nomination d'un bourgmestre ou d’une présidente de CPAS, etc...

    Il est évident que les nationalistes flamands de la N-VA qui sont au pouvoir tant au niveau régional que fédéral ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire comme en témoignent leurs attaques répétées contre UNIA ou le blocage à la traduction du rapport d’évaluation de la loi "antidiscrimination". Il est fort probable que ce rapport, lorsqu’il sera traduit et rendu public, sera embarrassant pour les nationalistes flamands, puisqu’il devrait dénoncer, lui aussi, l’absence d’organe compétent chargé de lutter contre les discriminations basées sur la langue.

    Les dénis de démocratie de la N-VA en matière de droits de l’homme ont des conséquences dommageables pour la Belgique sur le plan international. Ainsi, l’indice de démocratie(2) de notre pays, calculé par
    The Economist qui fait autorité en la matière, est en chute libre.

    En une décennie, la Belgique est passée de la 20ème à la 35ème place sur les 167 pays examinés(3). Depuis 2014, année de l’entrée de la N-VA au gouvernement, notre pays n’est plus repris dans le groupe des "pleines démocraties" (full democraties) mais dans celui des "démocraties imparfaites" (flawed democraties). Il est à la traîne des pays d’Europe occidentale. Qui plus est, le résultat de la Belgique, en ce qui concerne la "participation politique", est désastreux. Dans cette catégorie qui tient notamment compte de la participation des minorités dans le processus politique, la Belgique se retrouve au même niveau que la Russie et la Turquie avec une note de 5/10!

    Notons, pour conclure, que The Economist a attribué sans ambiguïté à la N-VA, le fait que la Belgique ait été reléguée dans le groupe des "démocraties imparfaites" : "Cela résulte en grande partie de l’augmentation des tensions au niveau de la cohésion sociale dans le pays où la Nouvelle Alliance flamande, qui propose une dissolution de fait de l'Etat belge, a remporté ses deuxièmes élections nationales successives en 2014."(4)


    (1) La Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) regroupe l'Action Fouronnaise, l'Association culturelle de Dilbeek (ACD), l'Association de Promotion des Droits Humains et des Minorités (ADHUM), l'Association francophone
    de Leeuw-Saint-Pierre, l'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) et Citoyens de Zaventem.
    (2) L'indice de démocratie est basé sur 60 critères répartis dans cinq catégories : processus électoral et pluralisme, fonctionnement  du gouvernement, participation politique, culture politique, libertés civiles.
    (3) Democracy Index 2016, publié par The Economist en 2017, https://www.eiu.com/democracy2016.
    (4) Democracy Index 2014, publié par The Economist en 2015, https://www.eiu.com/democracy2014.

  • La candidature de la Belgique au Conseil de sécurité de l’ONU menacée?

    "Alors que la Belgique est en pleine campagne pour tenter de décrocher un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2019-2020 et accéder ainsi au principal organe de décision onusien, les prises de position de la Flandre et des nationalistes flamands de la N-VA en particulier, dans plusieurs dossiers touchant de près aux droits de l’homme et à la lutte contre les discriminations, pourraient jouer en défaveur de la candidature de notre pays", peut-on lire dans le dernier numéro des "Nouvelles de Flandre", publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

    Au directeur de l’APFF, Edgar Fonck, de poursuivre: "Qui dit lutte contre les discriminations, dit lutte contre les discriminations linguistiques et protection des minorités.

    Le premier dossier, où le moins que l’on puise dire c’est que la ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), ne fait pas preuve de beaucoup d’esprit démocratique, c’est le refus de nommer Damien Thiéry (MR) au poste de bourgmestre de Linkebeek, sous prétexte qu’il a envoyé les convocations électorales en français aux francophones de sa commune.

    Dans son rapport d’analyse de la situation, le Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l'Europe qui a envoyé deux représentants sur place, début février, rappelle que 'le Congrès a affirmé de manière constante, que la non-nomination d'un bourgmestre proposé par le conseil communal, comme le prévoit la législation flamande sur les communes, est contraire à la Charte'. Il souligne que le système de nomination des bourgmestres en Région flamande paraît peu compatible 'avec les principes démocratiques élémentaires'. Depuis, un second candidat-bourgmestre francophone à Linkebeek, Yves Ghequière, a été écarté pour des raisons similaires.

    Deuxième dossier qui a retenu également l’attention du Conseil de l’Europe: l’utilisation du français lors des conseils communaux. Là encore le rapport d’analyse du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe rappelle, n’en déplaise à Madame Homans, qu’il a déjà adopté une résolution et une recommandation sur la question en 2008 dont il ressort que 'les lois linguistiques belges telles qu'interprétées et appliquées par les autorités flamandes dans les communes dites à facilités entravent la participation des citoyens francophones à la vie politique locale'. Le Congrès précise avoir recommandé de 'revoir les lois linguistiques notamment quant à leur application dans les communes dites à facilités' afin de permettre l'usage des deux langues lors des conseils communaux.

    Autre sujet de polémique: les attaques ciblées menées par la N-VA contre Unia (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances). Selon le journal De Standaard: 'l’agenda caché de la N-VA depuis des années est un centre pour l’égalité des chances propre à la Flandre. Le parti veut peser politiquement sur le fonctionnement et la vision d’un tel centre'. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’Unia a dénoncé l’absence d’organe compétent pour traiter des discriminations linguistiques et s’est dit prêt à accepter cette mission supplémentaire. Qui plus est, Unia est appelé à jouer un rôle important dans le futur Institut national des droits de l’homme (INDH).

    Face à l’obstination des nationalistes flamands qui ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire et qui sont au pouvoir tant au niveau régional que fédéral, il n’est pas certain que notre ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), réussisse à convaincre ses pairs de soutenir la candidature de la Belgique au Conseil de sécurité.

    En effet, d’aucuns auront perçu un décalage entre la situation sur le terrain et les propos de Monsieur Reynders lorsqu’il lance à la tribune de l’ONU: 'la Belgique s’est engagée à veiller à la cohérence entre son action internationale, et le respect des droits de l’Homme à l’intérieur de ses propres frontières et au sein de l’Union européenne. Comme je l’ai confirmé lors de la présentation de notre bilan dans le cadre de l’Examen périodique universel, c’est un engagement auquel je veille personnellement'."

  • Des sanctions à retardement

    Toute personne de plus de 25 ans habitant sur le territoire d'une commune située en Flandre doit payer 50 € (ou 25 € dans certains cas) à cette caisse, soit via sa mutuelle, soit directement à la La Vlaamse Sociale Bescherming (Protection sociale flamande), souvent aussi appelée "Zorgkas".

    Loin d'être un modèle en matière de tolérance linguistique, ce service du gouvernement flamand sème même l'inquiétude en Flandre. C'est le journal "Het Belang van Limburg" qui rapporte aujourd'hui le cas d'un couple âgé pour lequel les interventions de la "Zorgkas" seront retardées de 8 mois parce que ces gens ont eu deux retards de paiement de leur cotisations.

    700.000 "Flamands" seraient concernés par ces sanctions. Et parmi eux, combien de Francophones qui ont d'abord dû réclamer les bulletins de paiement en français, sans nécessairement les recevoir de cette administration malveillante?

    Besoin d'aide pour régulariser votre situation? Allez voir votre mutuelle ou un assistant social du C.P.A.S. des Fourons.

  • Saint-Hadelin : de l’anglais dès la 1ère année

    Consciente de l’enjeu stratégique que représentent la connaissance et la pratique d’une langue étrangère, la direction du Collège Saint-Hadelin de Visé a décidé d’innover en proposant une immersion en anglais dès la première année secondaire, à partir du mois de septembre. Et ce, pour plusieurs raisons. « Dans notre société contemporaine, la maîtrise des langues étrangères est un réel enjeu. La communication dans les matières économiques, scientifiques, sociologiques, politiques ou artistiques passe bien souvent par l’anglais. De plus, on ne peut se contenter de débats communautaires et d’idéaux nationaux : il faut s’élever à l’échelle du monde. En outre, de nombreux étudiants sont friands des programmes d’échange linguistique et culturel au-delà de nos frontières. De surcroît, l’enseignement supérieur fait la part belle à l’anglais, tant dans notre province que du côté de Maastricht (Pays-Bas), parce que nos jeunes vivent dans un univers cosmopolite, connecté et anglophone », énoncent Juliane Antoine, di- rectrice du premier degré, et Sabrina Russo, directrice générale du Collège visétois. C’est ainsi que Saint-Hadelin franchit le pas et fait le grand saut en plongeant dans l’immersion. « Plonger, certes, mais en maintenant le cap vers un enseignement de qualité qui ne cède en rien à la facilité d’un simple effet de mode, en hissant haut la voile de la connaissance du français, indispensable à l’ap- prentissage de tout autre langage et en définissant des couloirs de navigation sécurisés pour mener chacun à bon port, avec à la barre, une équipe éducative motivée et attentive aux besoins spécifiques des élèves en immersion », précisent ces mêmes per- sonnes. Une séance d’information aura lieu le mercredi 15 février à 20h. Des visites guidées de l’école sont également prévues le samedi 18 février de 14h à 17h. Quant à la période d’inscription en première année, elle débutera à partir du lundi 6 mars.

    YANNICK GOEBBELS dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 3 février 2017