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Emploi des langues

  • La blague de Jambon

    Le ministre de l'intérieur vous invite à communiquer votre numéro de téléphone, votre numéro de Gsm, un numéro de fax et/ou une adresse e-mail au Registre national.

    Votre appartenance linguistique est aussi enregistrée par le Registre national, mais on invoque la protection de la vie privée pour ne pas en faire état. 

    Est-ce que votre numéro de Gsm ne relève pas plus de la vie privée que votre appartenance linguistique, surtout lorsque vous avez vous-même la volonté de l'afficher et de la faire respecter? Je refuse en effet d'être considéré comme néerlandophone parce que 3791 est mon code postal. N'en ai-je pas le droit?

    En respectant mon code linguistique, mon administration communale (qui douterait de mon appartenance linguistique ?) pourrait en effet utiliser cette donnée pour communiquer avec moi et traiter plus efficacement mes demandes. 

    Jambon pourrait ainsi éviter à la société de distribution des eaux de m'envoyer systématiquement factures en néerlandais que je retourne aussi systématiquement pour les obtenir en français.

  • Votre goût, votre box et bientôt aussi votre langue

    Différentes utilisatrices du service HELLO FRESH m'avaient dit que les recettes qui accompagnent les box fournis sur le territoire de la commune des Fourons étaient systématiquement rédigées en néerlandais, en dépit de la législation linguistique qui accorde des facilités aux francophones de cette commune, sur le plan administratif, alors que l'emploi des langues est constitutionnellement libre partout en Belgique.

    La société m'a confirmé que les recettes présentes dans les box sont en français en Wallonie, en néerlandais en Flandre et au choix à Bruxelles. Il n'est donc pas possible, écrit mon interlocutrice, de changer pour l'instant la langue des recettes, mais la société espère proposer cette option dans le futur. 

    Et elle ajoute: Vous pouvez trouver et télécharger les recettes en français sur notre site web www.hellofresh.be (vous pouvez sélectionner la langue du site sur la petite icône verte représentant une petite planète en bas à droite de l’écran).

    Quand il s'agit de faire du commerce, les rigidités linguistiques peuvent s'effacer.

  • Bientôt du neuf pour les amendes routières

    Les propositions de perception immédiate, les propositions de transaction, les injonctions à payer et tous les autres documents liés à une infraction au code de la route seront désormais expédiés de manière automatisée, ont annoncé lundi les ministres fédéraux Koen Geens (Justice), Jan Jambon (Intérieur) et François Bellot (Mobilité).

    Le système, baptisé «Crossborder», facilitera également la perception des amendes des contrevenants étrangers. « Ce projet libèrera 270 policiers qui pourront se consacrer à la constatation de davantage d’infractions», a indiqué Koen Geens. «Jusqu’à présent, pour un policer sur le terrain, il fallait en compter un et demi en « back office »», a renchéri Jan Jambon. «Ce projet permettra donc de décharger nos policiers de trop nombreuses tracasseries administratives.»

    La police, les parquets et les tribunaux de police pourront se concentrer sur leurs tâches fondamentales, à savoir les constatations et les poursuites. Le juge de police ne devra plus intervenir pour ces différents envois.

    Concrètement, un automobiliste belge ou étranger verbalisé recevra toujours ses documents par voie postale. Mais il sera dirigé vers un site internet (www.amendesroutieres.be) où le suivi de son dossier sera assuré. Autre nouveauté: il est possible depuis lundi de payer son amende en ligne par carte de crédit, à l’aide du numéro de procès-verbal et de la date de l’infraction.

    Pour les conducteurs étrangers provenant des pays francophones, néerlandophones et germanophones, un procès-verbal adapté leur sera envoyé [dans leur langue]*. Les sept pays concernés sont la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Autriche, le Liechtenstein et Monaco. «Les étrangers auteurs d’infractions graves sur nos routes, eux non plus, n’échapperont pas à la sanction qui leur est infligée», a ajoute François Bellot.

    Enfin, afin d’inciter les contrevenants à accepter la proposition de perception immédiate, le montant des propositions de transaction sera augmenté de 33%. L’augmentation sera de 35% en cas d’envoi d’une injonction à payer.

    La Justice a investi 5,6 millions d’euros dans ce projet.

    * Le résident français qui sera flashé dans notre commune recevra donc un procès-verbal en français, ce qui est systématiquement refusé à l'indigène francophone.  

  • Discriminations linguistiques: Experts et francophones de Flandre sur la même longueur d’onde...

    "Le premier rapport d’évaluation des lois antidiscrimination de 2007 est aujourd’hui sur la table de la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, Zuhal Demir (N-VA)" peut-on lire dans le numéro d’été des "Nouvelles de Flandre", publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

    Au directeur de l’APFF, Edgar Fonck, d’expliquer: "Le rapport sera examiné par les députés qui décideront de la suite à réserver aux 33 recommandations formulées par la Commission d’évaluation présidée par Françoise Tulkens, ancienne juge et vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. D’entrée de jeu, Madame Tulkens confie, dans une interview publiée sur le site du Vif: 'les discriminations minent la démocratie'.

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  • Les francophones de Flandre dénoncent l’absence d’organe chargé de lutter contre les discriminations linguistiques

    Le dixième anniversaire de la loi "antidiscrimination" est l’occasion pour la Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF)(1) qui regroupe six associations représentatives des 310.000 francophones de Flandre, en ce compris la périphérie de Bruxelles et l’entité des Fourons, de rappeler que la Belgique ne dispose toujours pas d’une institution compétente pour traiter des discriminations linguistiques.

    La langue fait pourtant partie des critères protégés par la loi "antidiscrimination" du 10 mai 2007. Il est en outre prévu dans la loi que "le Roi désigne l'organe qui sera compétent pour les discriminations fondées sur la langue" (article 29, §2). Ce n’est hélas toujours pas le cas, malgré la candidature d’UNIA (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances) à ce poste.

    Les discriminations subies par les francophones de Flandre sont fréquentes: accès aux logements sociaux, rapports avec l'administration, refus de subventions aux associations culturelles et sportives francophones, pressions sur les commerçants qui utilisent une autre langue que le néerlandais dans leurs relations commerciales, refus de nomination d'un bourgmestre ou d’une présidente de CPAS, etc...

    Il est évident que les nationalistes flamands de la N-VA qui sont au pouvoir tant au niveau régional que fédéral ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire comme en témoignent leurs attaques répétées contre UNIA ou le blocage à la traduction du rapport d’évaluation de la loi "antidiscrimination". Il est fort probable que ce rapport, lorsqu’il sera traduit et rendu public, sera embarrassant pour les nationalistes flamands, puisqu’il devrait dénoncer, lui aussi, l’absence d’organe compétent chargé de lutter contre les discriminations basées sur la langue.

    Les dénis de démocratie de la N-VA en matière de droits de l’homme ont des conséquences dommageables pour la Belgique sur le plan international. Ainsi, l’indice de démocratie(2) de notre pays, calculé par
    The Economist qui fait autorité en la matière, est en chute libre.

    En une décennie, la Belgique est passée de la 20ème à la 35ème place sur les 167 pays examinés(3). Depuis 2014, année de l’entrée de la N-VA au gouvernement, notre pays n’est plus repris dans le groupe des "pleines démocraties" (full democraties) mais dans celui des "démocraties imparfaites" (flawed democraties). Il est à la traîne des pays d’Europe occidentale. Qui plus est, le résultat de la Belgique, en ce qui concerne la "participation politique", est désastreux. Dans cette catégorie qui tient notamment compte de la participation des minorités dans le processus politique, la Belgique se retrouve au même niveau que la Russie et la Turquie avec une note de 5/10!

    Notons, pour conclure, que The Economist a attribué sans ambiguïté à la N-VA, le fait que la Belgique ait été reléguée dans le groupe des "démocraties imparfaites" : "Cela résulte en grande partie de l’augmentation des tensions au niveau de la cohésion sociale dans le pays où la Nouvelle Alliance flamande, qui propose une dissolution de fait de l'Etat belge, a remporté ses deuxièmes élections nationales successives en 2014."(4)


    (1) La Coalition des associations francophones de Flandre (CAFF) regroupe l'Action Fouronnaise, l'Association culturelle de Dilbeek (ACD), l'Association de Promotion des Droits Humains et des Minorités (ADHUM), l'Association francophone
    de Leeuw-Saint-Pierre, l'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) et Citoyens de Zaventem.
    (2) L'indice de démocratie est basé sur 60 critères répartis dans cinq catégories : processus électoral et pluralisme, fonctionnement  du gouvernement, participation politique, culture politique, libertés civiles.
    (3) Democracy Index 2016, publié par The Economist en 2017, https://www.eiu.com/democracy2016.
    (4) Democracy Index 2014, publié par The Economist en 2015, https://www.eiu.com/democracy2014.