Question fouronnaise

  • Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du Groupe d’experts "minorités nationales"

    "Dix-sept ans après avoir signé la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, la Belgique ne l’a toujours pas ratifiée, les nationalistes flamands ne voulant pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire", peut-on lire dans le dernier numéro de "Nouvelles de Flandre".

    A Edgar Fonck, directeur de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF), de poursuivre: "Face à cette Fonck 20080816_0193.jpgsituation, les travaux du groupe d’experts chargés de définir le concept de 'minorité nationale' et d’évaluer les conséquences d’une ratification pour la Belgique sont une des clés de la solution. Jusqu’à présent, les Francophones de Flandre n’avaient pas eu le moindre contact avec les experts. Mais la détermination l’APFF s’est montrée payante.

    En effet, dès qu’il a été désigné par le ministre des Affaires étrangères, le nouveau président du groupe d’experts 'minorités nationales' Bernard Hauwen a invité l’APFF à lui faire part de son point de vue par écrit, afin de le transmettre aux experts. Tant dans sa contribution écrite que lors de sa rencontre avec Monsieur Hauwen, le 13 décembre dernier, l’APFF a souligné les points suivants:

    1. Position du Conseil de l’Europe

    Dans sa résolution 1301, adoptée en 2002, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a mentionné la Belgique parmi les pays qui 'ont des minorités significatives qui doivent être protégées et dont les droits ne sont pas officiellement reconnus'.

    L’Assemblée recommande que la Belgique ratifie la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, sans plus tarder, 'en veillant à ce que toutes les minorités identifiées par l’Assemblée soient dûment reconnues comme telles'. Parmi ces minorités: 'les francophones vivant dans la région de langue néerlandaise'.

    2. Position de l’ONU

    La position de l’ONU concernant l’identification des minorités est très claire: 'La reconnaissance du statut de minorité ne relève pas de la seule décision de l’État. Conformément à l’interprétation authentique faite par le Comité des droits de l’homme de l’ONU, l’existence de minorités doit être établie selon des critères objectifs. Tout doit être fait pour garantir le respect du principe d’auto-identification'. Et d’expliquer: 'Les États doivent recueillir des données ventilées (...), et la société civile et les groupes minoritaires doivent être associés à l’ensemble du processus'.

    3. Nombre de francophones en Flandre

    En 2009, l’APFF a demandé à l’institut de sondage Dedicated Research, de réaliser une étude sur la situation du français en Flandre. Cette étude a estimé à 367.000 le nombre de francophones en Flandre.

    4. Reconnaissance par le Mouvement flamand

    L’Encyclopédie du Mouvement flamand qui bénéficie du soutien officiel du ministère de la Communauté flamande, reconnaît la présence historique des francophones en Flandre: 'Qu’il y ait en Flandre, depuis de nombreux siècles, une petite minorité francophone, est un fait établi'.

    L’encyclopédie fournit aussi sa propre estimation du nombre de francophones en Flandre: 'Dans la Région flamande il y aurait au total (en ce compris l’arrondissement Hal-Vilvorde) environ 300.000 francophones soit 5% de la population'. Ces chiffres confirment l’estimation de Dedicated Research.

    L’encyclopédie analyse également les difficultés rencontrées par les Francophones de Flandre: 'Lorsque la Flandre est devenue la région la plus riche de Belgique (…) des facteurs très importants commencèrent à jouer contre les francophones: (…) pas de protection juridique à part celle de leurs droits individuels, pas d’instances propres, pas de subventions de leurs manifestations culturelles'. Voilà bien le nœud du problème: l’absence de protection juridique de la minorité francophone en Flandre.

    Lors de sa discussion avec le président du groupe d’experts, l’APFF a rappelé la nécessité d’ouvrir un large débat sur la question des minorités nationales et de la lutte contre les discriminations linguistiques.

    Bien qu’il ait répondu que ce type de débat allait au-delà de la mission assignée aux experts qui est de nature juridique, Monsieur Hauwen s’est dit prêt à rencontrer d’autres représentants des minorités qui lui en feraient la demande.

    Reste à espérer que le processus de ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales soit relancé une bonne fois pour toutes!".

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  • Séance publique d'installation du CPAS des Fourons

    La séance publique d'installation du conseil de l'aide sociale des Fourons aura lieu le jeudi 3 janvier 2019 à 20 heures dans la salle du conseil communal.

    Les élections du 14 octobre 2018 ont été approuvées par le conseil des contestations électorales le 5 décembre 2018 et le 19 décembre 2018, le conseil pourra prendra connaissance de la validation des élections et approuver les lettres de créance des élus.

    Ensuite, les élus procéderont à leur installation  et à leurs prestations de serment, avant de fixer l'ordre de préséance.

    En attendant la nomination du président (dont ils confirmeront l'acte de présentation), les nouveaux mandataires désigneront un président provisoire et un président de remplacement en cas d'empêchement du titulaire.

    Pour finir, le conseil prendra connaissance de la composition du bureau permanent, celui-ci étant élu directement dans les 8 communes à statut spécial. La probable composition du bureau permanent est connue puisqu'il s'agit de:

    • Joris Gaens qui deviendra bourgmestre après la démission de Huub Broers
    • Hilde Broers, qui deviendra présidente du CPAS quand Joris Gaens deviendra bourgmestre
    • Nico Droeven qui représentera la minorité RAL, qui a été échevin et bourgmestre pendant de longues années avant 2001.
  • Encore rappelé à l'ordre

    La Commission permanente de Contrôle linguistique, qui est chargée par la loi de veiller au respect de la législation linguistique, a une nouvelle fois constaté que la commune des Fourons et l'association Regional Landschap Haspengouw sont en infraction.

    C'est ce qui ressort de l'avis n° 50.278 de la C.P.C.L.

  • Il y a 50 ans à Fouron-le-Comte

    La commémoration du 50me anniversaire de l’Armistice a été fêtée avec éclat. À 9.30 h., un cortège d’une quarantaine d’enfants francophones, suivis par l’Harmonie « Ste-Cécile », les autorités communales, les membres du comité F.N.C. et les Anciens Combattants des deux guerres, les veuves de guerre et un nombreux public, s’est rendu à l’église où une messe a été célébrée â 10 h., par M. le curé à la mémoire des victimes des deux tourmentes.

    À l’issue de l’office, le cortège s’est reformé pour se rendre au Monument du Souvenir où, après une sonnerie « Aux Champs » et la Brabançonne, M. le bourgmestre Michiels, lui-même combattant des deux guerres, déposa une gerbe de fleurs [et] prononça une vibrante allocution.

    Après avoir évoqué les principaux faits d’armes de l’armée belge en 1914-18 et rappelé le sacrifice des vaillants soldats qui luttèrent pour libérer la Patrie, la relever de ses ruines, et auxquels les survivants adressent la ferveur de leur fraternel et égal souvenir, ainsi que leur totale reconnaissance et leurs prières, M. le bourgmestre se pose la question :

    « La justice est-elle sortie victorieuse de ce conflit ? Hélas ! non et si tous ces braves soldats sortaient de leur tombeau, n’auraient-ils pas le droit de nous demander : “Qu’avez-vous fait de notre chère patrie ?”

    Eh ! oui, qu’a-t-on fait de notre chère Belgique ?

    Aujourd’hui encore, nous avons des gouvernements qui tremblent devant une poignée d’extrémistes. On discute à perdre haleine, on fait des rapports et le lendemain encore des rapports, on entend des discussions interminables et rien n’arrive ! Il n’est question que de décentraliser et de déconcentrer et on va de compromis en compromis.

    Après tant de vies sacrifiées, n’avons-nous pas le sentiment que nous avons laissé désorganiser la Belgique en permettant qu’on aille dans tant d’écoles, à l’encontre d’une éducation nationale dont précisément les Anciens sont si profondément imprégnés ? »

    M. Michiels regrette alors que les associations patriotiques fassent preuve d’une totale passivité, alors que d’autres tentent de réaliser chez nous ce que von Bissing n’a pu obtenir à l’époque. Et d’évoquer les multiples méfaits d’une politique qui, en traçant une frontière linguistique, a semé l’injustice, la discorde et la haine, ainsi que les mesures prises en violation de l’art 23 de la Constitution, l’absence dans les Fourons des facilités promises et jamais obtenues et l’implantation en sa localité d’une École Moyenne flamande dans un local annexe de l’église sans même avoir pris l’avis des membres de la Fabrique d’église et de la commune.

    « Il est encore temps de restituer à la Belgique son vrai caractère, son intégrité », poursuit M. le bourgmestre qui termine par ces mots : « Vive la Belgique ! Vivent les Fourons libres ! »

    Cette cérémonie s’acheva par un chant de circonstance exécuté par les enfants sur l’air du « Valeureux Liégeois ».

    En cortège, les participants sont ensuite allés fleurir le monument américain de la route de Warsage et la Pelouse d’honneur du cimetière. Puis une charmante réception eut lieu en la salle du « Drapeau Belge ».

    Le soir, l’on se retrouva en la même salle, mais cette fois autour d’une table bien garnie, la bonne humeur était générale et chacun y alla de sa bonne blague de jadis. Les Anciens étaient heureux de se retrouver. À 10 h., au son d’un orchestre cependant réduit, tout ce monde se lança sur la piste dans une ronde enthousiaste. Et c’est dans une ambiance endiablée que la fête dura jusqu’aux petites heures. Longtemps encore on reparlera de cet anniversaire d’armistice. 

    (Le Journal d'Aubel, novembre 1968).

  • José Happart a parlé avec Carlos Puigdemont

    Nous l’écrivions hier, le célèbre indépendantiste catalan, Carlos Puigdemont, en exil actuellement en Belgique, était présent à Sclessin dimanche, pour assister à la rencontre Standard-Genk dans la loge du promoteur immobilier Christian Binet.

    Une présence surprenante qu’on ne doit qu’à l’initiative du promoteur qui lui a envoyé un mail avec une invitation. « Je savais qu’il était amateur de foot, at-il raconté, et il m’a répondu positivement. » Une présence sans aucune contrepartie financière, nous assure-t-on.

    Et mis à part de football, de quoi ont-ils parlé ? Dans la loge se trouvait également un autre farouche défenseur de la langue et de l’identité culturelle, José Happart. Et par ailleurs grand ami de Christian Binet.Capture d’écran 2018-10-30 à 07.46.52.png

    « Il m’a dit que, le plus dur pour lui dans cet exil, c’est qu’il ne voyait plus ses deux jeunes enfants, âgés de 7 et de 9 ans », explique le hérisson fouronnais. Mais c’est bien sûr et surtout de la libre autonomie des peuples dont il a été le plus question. « Je lui ai expliqué ma théorie de l’Europe des Régions. Pour moi, l’Europe des États ne tiendra plus longtemps. On voit les tensions qui existent partout (Grèce, Italie…) et qui mène à ce que des extrémistes de droite prennent le pouvoir. Seule une Europe confédérale, formée des différentes régions autonomes (Wallonie, Flandre, Catalogne…) reste viable à long terme. »

    PROBLÈME ESPAGNOL DIFFÉRENT

    Carlos Puigdemont a bien écouté mais il a rappelé aussi que le problème de la Catalogne est différent. « Sur le papier, la Catalogne possède un haut degré d’autonomie, a-t-il rappelé à José Happart. Le problème est que l’État espagnol ne le respecte pas. Et c’est pour cette raison que nous avons dû déclarer l’indépendance. » Dans la loge, il était accompagné d’un autre ministre catalan et de deux gardes du corps. À leur table, se trouvait également Martin Charlier, alias « Kiki l’Innocent ».

    L.G. dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 30 octobre 2018