Conseil communal d'installation piégé

Comme partout en Flandre, le conseil communal des Fourons devait être installé ce mercredi 2 janvier à 20 heures. Foule à la maison communale bien avant l'heure. Voerbelangen a amené ses supporters en nombre.

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Benoît Houbiers, Jean Levaux, José Smeets, Armel Wynants et Grégory Happart, les 5 élus R.A.L. attendent patiemment que la présidente ouvre la séance, ne sachant pas encore quel scénario le stratège Broers a préparé.

C'est en effet de la haute stratégie qu'il faut parler. Le ministre NVA Bourgeois a envoyé une circulaire de 55 pages en octobre pour préciser les modalités d'installation des conseils communaux, des conseils de l'aide sociale et des conseils provinciaux en Flandre, mais, apparemment Broers a gardé cette circulaire pour lui tout seul et il a préparé un piège pour certains élus (les 5 Francophones du conseil communal, les 4 Francophones du conseil de l'aide sociale, mais aussi le président Voerbelangen du C.P.A.S., le docteur Guy Ernon).

La présidente ouvre donc la séance à 20 heures, comme prévu. Elle passe rapidement la parole à Huub Broers qui confirme que les élections ont été approuvées par la Députation permanente du Limbourg le 13 décembre 2012 et qu'il a prêté serment lui-même comme bourgmestre le 18 décembre entre le mains du Gouverneur Herman Reynders.

José Smeets profite d'un instant de silence pour se lever et souhaiter une bonne année à toute l'assemblée en néerlandais et en français.

C'est après que cela devient du théâtre. La présidente appelle près d'elle les deux plus jeunes conseillers (tous les deux du groupe Voerbelangen) pour examiner les lettres de créance. Et c'est à ce moment qu'on comprend qu'elle n'a que 9 dossiers devant elle, le bourgmestre, étant déjà nommé par le Ministre Bourgeois, en est dispensé.

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Les conseillers R.A.L. avaient préparé quelques slogans, mais ils ne s'attendaient pas à être traités de la sorte.

Les conseillers Voerbelangen ont donc prêté serment. Annemie Palmans d'abord entre les mains du bourgmestre, puis les autres entre les mains de la présidente Palmans: J. Herens, W. Nijssen, J. Duijsens, Slootmaekers, Daems, Tomsin, Geelen et Paggen.

 

 

Avant la prestation de serment des échevins, les 10 "valablement" installés ont élu le président du conseil communal. Il s'agit de Jean Duijsens, l'échevin battu par William Nijssen, qui reçoit ce lot de consolation. 

Le même scénario a été répété quelques minutes plus tard pour les prestations de serment des deux échevins Voerbelangen (puisque José Smeets devra attendre d'être installé comme conseiller communal avant de pouvoir être installé comme échevin). 

Inutile de dire que les esprits se sont échauffés à ce moment. D'autant plus qu'on se serait davantage cru dans un stade que dans une salle du conseil puisque le public flamingant présent n'hésitait pas à applaudir pour chacune des prestations de serment et même à commenter ce qui était dit. José Smeets en a évidemment profité pour rappeler les récentes paroles du Roi Albert II concernant les années 30. Il a aussi rappelé que, comme pour la loi linguistique, c'était aussi une loi qui avait été votée "démocratiquement" qui obligeait les Juifs à porter l'étoile jaune. 

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A peine installé comme président, Jean Duijsens a distribué une convocation urgente pour un conseil communal qui se réunira le lundi 7 janvier à 18 heures 30. Ce conseil examinera les lettres de créance de 5 conseillers communaux (tous R.A.L.); il entendra les prestations de serment de ceux dont les lettres de créance auront été approuvées et il examinera ensuite les lettres de créance de 5 conseillers pour l'aide sociale (4 Francophones et le président sortant Guy Ernon).

Les dossiers de 4 membres Voerbelangen du conseil de l'aide sociale ont en effet déjà été approuvés. Il s'agit de R. Thomassen, W. Gaens, R. Tomsin et Hilde Broers.

En fin de séance, le nouveau président a prononcé un petit discours dont José Smeets n'a pas manqué de souligner l'hypocrisie.

Mais la stratégie de Huub Broers a finalement largement échoué: il voulait faire oublier le problème fouronnais. Il ne voulait plus que la presse en parle. Aujourd'hui, grâce à sa stratégie, la presse en parle largement. Un pari pas vraiment réussi. Sans parler de ses liens amicaux avec le président du C.P.A.S. qui doit certainement apprécier le coup pendable de son "beste vriend".

 


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