« De Wever, un Premier ministre acceptable »

PROPOS DÉCAPANTS DE JOSÉ HAPPART

« Une coalition PS-MR serait la plus forte » 

Adversaire farouche de la N-VA, José Happart ? C’est tout le contraire qui apparaît, dans l’entretien que l’ancien trublion du PS nous accorde. Il trouverait même acceptable que Bart De Wever endosse le costume de Premier ministre, sous certaines conditions...

JH_Capture-d’écran-2014-05-22-à-08.18.03.jpgDimanche, il ira remplir son devoir électoral à Aubel. « Je voterai pour mon neveu à la Chambre et pour mon pote Marc Tarabella à l’Europe », résume José Happart. Mais avec aussi un œil sur les résultats globaux, sur lesquels il nous livre son sentiment. Avec des propos décapants, tant sur le CD&V que sur la N-VA...

La N-VA fera-t-elle le carton annoncé ?

« Le décès de Jean-Luc Dehaene va lui coûter 5 pour cent. D’autant que les autres exploitent bien la situation, avec un enterrement avec faste vendredi. La N-VA sera tout de même loin devant, mais le CD&V va réduire l’écart. Ceci dit, c’est bizarre que tout le monde en parle et fasse sa pub. Moi, quand je suis contre quelqu’un, je n’en parle pas. »

Faut-il craindre son succès, selon vous ?

« C’est Jean-Luc Dehaene et son parti qui ont le plus creusé le fossé avec la Wallonie. Ils l’ont bien mis profond aux Wallons, comme on dit. Le CD&V est tout aussi flamingant que la N-VA. Ce n’est pas un problème pour moi, qui suis wallingant. Mais il faut arrêter de dire que la N-VA ne serait pas un parti démocratique. Ou alors il faut avoir les attributs masculins nécessaires avant les élections et leur faire interdire de présenter des listes ! »

Peut-on s’allier avec la N-VA ?

« Je suis un profond démocrate. Si c’est le premier parti de Flandre, il faudra écouter la voix des Flamands et accepter de discuter avec elle. Qui serions-nous pour juger la façon dont l’électeur flamand s’est exprimé ? Et accepterions-nous que le PS soit le premier parti wallon et ne soit pas associé aux discussions ? Non, hein ?... »

Mais un accord est-il possible ?

« Je crois que oui, si le programme fi- nal négocié est correct. De toute fa- çon, après les élections, tout le monde écrème son programme et se rabat vers le centre... Et je suis persuadé que le confédéralisme est la seule façon de sauver la Belgique... »

Il faut entrer dans cette demande-là ?

« Si c’est un confédéralisme à trois, oui bien sûr. Le seul casus belli avec eux, c’est le statut de Bruxelles. Mais en attendant l’Europe des régions, faire la Belgique des régions ce serait une belle avancée. »

Les partis francophones manifestent leur refus de négocier avec elle...
« Oui, et cela me pose question comme démocrate. Les Flamands sont la première communauté. Et quoi?Onleurdit:ons’enfoutde votre avis, c’est nous qui décidons ? Bien sûr que certains négocieront avec elle après les élections ! C’est évident ! Vous savez, dimanche soir, la campagne sera finie. J’ai entendu aussi les coups de gueule entre PS et MR avant la formation de ce gouvernement-ci, hein... En politique, il faut s’attendre à tout... »

Bart De Wever ferait-il un Premier ministre acceptable ?
« S’il fait des concessions suffisantes pour avoir une majorité parlemen
taire, il pourra être Premier ministre, oui. J’ai déjà entendu la même polémique quand il briguait le mayorat d’Anvers, et il l’a décroché. La démocratie, c’est d’avoir une majorité derrière soi, point. J’ai assez souffert de la négation de ça à Fourons... » page17image68560

Quelle est, côté francophone, la majo- rité la plus souhaitable à vos yeux ?
« Sur le plan économique, PS-MR. Ce serait la plus forte. Quand il y a trop 
de partis, ce n’est pas bon, on doit faire tant de compromis que plus aucun programme n’est respecté. »

Quel parti flamand a le moins votre confiance ?

« Le CD&V ! Il a toujours travaillé pour la Flandre, au détriment de la Wallonie ! Et il a toujours été le plus prompt à vous planter un couteau dans le dos!»

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTIAN CARPENTIER dans LA MEUSE du 22 mai 2014

Commentaires

  • Propostion de mon ami Gustave Widar à laquelle j'adhère à 100%:

    Et si nous votions l’indignation ?


    Nous avons tous l’impression que voter ne sert à rien. Pour qui, pour quoi voter ?
    Voter blanc c’est une erreur, une faute stratégique qui renforce le résultat des urnes !

    On nous abreuve de promesses souvent trahies. On nous entube avec des explications contradictoires et compliquées. N’en avez-vous pas mare d’être des pigeons ?
    Et si nous votions indigné ?… Véritable coup de pied dans la fourmilière politique, par indignation nous pourrions exclure de notre vote tous les politiciens en place actuellement, qu’ils soient valables ou nuisibles. Comment ? C’est simple, en réservant notre voix au seul profit des gens n’ayant jamais possédé de pouvoir décisionnel. Votons pour les « milieux » de liste ou pour les nouveaux petits partis au charisme encore pur, en évitant cependant de tomber dans le piège de l’extrémisme.

    Faisons trembler ces politiciens qui nous exploitent et restent sourds à nos revendications…

    Privons les lobbyistes de leurs politicards compréhensifs !

    Que notre capacité d’électeur soit un véritable pouvoir de masse !

    Face aux effets délétères et antisociaux encore mal connu du plan d’austérité voté par une large majorité de ces politiciens qui prétendent cependant vouloir notre bien et menacés par le traité transatlantique de libre échange que l’on concocte discrètement dans notre dos, pour enrichir encore plus quelques super nantis, créons un véritable tsunami électoral et cela sans changer notre appartenance à un parti.

    Ils ont sauvé les banques et leurs catastrophiques spéculateurs, à eux la richesse, à nous l’austérité. Ils rabotent et détricotent des acquis sociaux construits parfois dans le sang par des générations de luttes et solidarités syndicales.

    Indignons-nous !

    Et osons voter notre indignation !

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