Des rugbymen visétois sauvent un joueur d’un arrêt cardiaque

Dimanche, le match de rugby entre Visé et Nivelles a été stoppé net peu avant 14h. Un joueur de Nivelles, Ludovic Dumont, s’est effondré au bord du terrain, terrassé par une crise cardiaque. Des rugbymen et supporters de l’équipe adverse se précipitent, prodiguent un massage cardiaque et le choquent avec le défibrillateur installé dans la buvette.

Mercredi, Ludovic a pu rencontrer ses sauveurs dans sa chambre d’hôpital à Liège. De quoi rappeler l’importance des formations aux premiers secours.
Un papa qui va pouvoir assister à la naissance de son quatrième enfant, tenir la main de sa femme et voir grandir sa famille. Ludovic Dumont serait sans doute passé à côté de ces instants de bonheur sans l’intervention de quelques Liégeois. Des vrais héros du gazon !

Le Nivellois était venu avec son équipe de rugby affronter le club de Visé, ce dimanche. À la mi-temps, il regagne les vestiaires, souffrant d’une douleur au mollet, mais lorsqu’il en ressort, il s’effondre au sol. Très vite, quelques supporters se pressent, et l’un d’eux appelle : « Un médecin, une infirmière ! » Ce sera un rugbyman.

« En m’approchant, j’ai d’abord cru à une crise d’épilepsie », explique Jean Frère, qui était justement tout près de la scène. L’homme est policier à Herstal, il avait passé son brevet aux premiers secours. « Je l’ai mis en position latérale et ai tenté de l’empêcher d’écraser sa langue. À ce moment-là, il respirait encore. Mais très vite, sa respiration devient plus difficile. Et ensuite, il arrête de respirer, et son visage devient bleu. » Véronique Ponsen, elle, a déjà appelé les secours. Mais le petit groupe ne peut pas rester les bras croisés et regarder un homme mourir. Jean le met alors sur le dos, dégage ses voies respiratoires et entame un massage cardiaque après avoir arraché ses vêtements. « Heureusement, Jérémy Nulens qui est secouriste, jouait dans notre équipe et est venu nous rejoindre. C’était un travail d’équipe, entre le massage cardiaque et les insufflations. On nous a amené le défibrillateur qui se trouvait dans la buvette et on a suivi les instructions dictées par l’appareil. »


LES GESTES QUI SAUVENT

Les ambulanciers arrivent, suivis du médecin urgentistes. Ils prennent le relais et saluent le travail effectué. « Le cœur du joueur avait redémarré. Mais y avait-il des séquelles ? On a eu très peur qu’il se soit passé trop de temps lors de notre réaction ».
La victime est emmenée au CHR de la Citadelle, alors que les joueurs de Nivelles et de Visé forment une haie d’honneur à l’ambulance et l’applaudissent. « On a attendu d’avoir des nouvelles dans la buvette. » Le soir, Jean se rend à l’hôpital pour prendre des nouvelles. Et il laisse ses coordonnées au personnel médical.« Lundi soir, l’épouse de Ludovic m’a appelé. Elle nous a tous rassurés : il était conscient, l’avait reconnue elle et ses enfants. C’était génial car d’un coup, on s’était senti très proche de lui, des joueurs de son équipe. » Depuis, les messages de remerciement et de félicitations affluent sur la page du club et auprès des trois sauveteurs liégeois. « Ce genre d’incident n’arrive (heureusement) pas tous les week-ends mais Ludovic Dumont a probablement eu comme « chance » que cela se soit passé en vos installations », leur a écrit Xavier Van Hamme, le président du Stade Nivellois rugby club.
Jean, Jérémy et Véronique se sont rendus, mercredi soir, au CHR de la Citadelle, pour rendre visite à Ludovic Dumont. Souriant, sur son lit d’hôpital, l’homme a reçu un maillot du club de Visé. « Nos deux clubs sont désormais unis », sourit Jean, qui reste humble. « Je pense que ce genre de drames, évités de peu, doit rappeler l’importance des formations aux premiers secours. Moi je félicite tous ceux qui les suivent, et ceux qui les donnent. Et aussi, l’importance d’avoir un défibrillateur dans les lieux publics, les clubs de sport. »


LAURENCE PIRET dans LA MEUSE du 10 novembre 2016

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