Bernard Smeets rebondit en vélo

A la recherche d’un nouveau projet sportif, pour reprendre ses termes, Bernard Smeets débarque dans l’équipe cycliste Wallonie-Bruxelles. Un nouveau défi pour l’ancien adjoint du Standard et du Cercle.

Sur les plages de la Costa Blanca, à l’heure où le soleil perce à peine le ciel de Calpe, Bernard Smeets échauffe déjà ses ouailles. Un petit réveil musculaire en bord de mer, et ses troupes sont prêtes pour une bonne journée d’entraînement. Une bonne heure plus tard, le Dalhemois distille ses derniers conseils à sa quinzaine de protégés avant une séance de quatre heures de selle. Car l’ancien entraîneur adjoint au Standard de Liège ou au Cercle de Bruges a délaissé les bords de pelouse pour s’installer dans le siège des voitures suiveuses de l’équipe cycliste Wallonie Bruxelles. « Les Christophe, Detilloux et Brandt, sont de vieilles connaissances », rappelle le spécialiste du ballon rond. « Nous discutions souvent du sport et de ses valeurs. Le vélo est un sport individuel qui se pratique en équipe, ce qui le rapproche de certaines logiques propres au sport collectif. Par mon expérience en football, en rugby ou en handball, j’estimais pouvoir apporter un nouvel élan au projet Wallonie-Bruxelles. Et en l’absence de nouveau club de football malgré différents contacts depuis ma fin de contrat au Cercle de Bruges, en juin dernier, j’ai décidé de tenter cette aventure. »

Coach de la performance au sein de la structure Wallonie-Bruxelles, Smeets encadre notamment les jeunes Tasset, Rex ou Frehen, mais aussi les pros comme Planckaert ou Dehaes, en découvrant les particularités du cyclisme. « En foot, un groupe vit six ou sept jours sur sept ensemble, en communauté. Ici, c’est plutôt l’inverse. Chacun s’entraîne à la maison, en suivant les conseils de son préparateur physique personnel, pour ne se retrouver que le week-end sur les courses.Capture d’écran 2019-02-15 à 08.18.47.png

Cette gestion d’un groupe à distance est délicate à gérer, car inscrite dans les fondements du cyclisme. Le rôle d’un coach est bien plus limité qu’en football. Mais il faut parvenir à créer une véritable cohésion dans le groupe afin d’obtenir de meilleurs résultats individuels. »

Pour se faire, entre les stages collectifs sous le soleil espagnol, le diplômé UEFA compte bien innover. « Ce n’est pas facile de bousculer les habitudes, et il ne faut pas tout chambouler d’un coup », conçoit Smeets. « Je prône la mise en place de séances d’entraînement collectif en Belgique, selon la disponibilité et le programme de compétition de chacun. J’ai aussi testé individuellement l’intelligence émotionnelle de chaque coureur, afin de mieux les connaître. Le relationnel est aussi important que la forme physique. Si la tête ne veut pas, les jambes ne suivront pas. Et en vélo, le talent ne suffit pas. En sport collectif, le talent pur peut cacher le manque de travail. La préparation d’un cycliste, les charges d’entraînement, sont bien plus exigeantes. En ce sens, mon rôle est assez large. Je ne donne pas des instructions sur les intensités et charges de travail, un domaine que je ne maîtrise pas. Mais je supervise un côté plus invisible : l’hygiène de vie quotidienne, la gestion du poids, le débriefing mental,… »

Soit un rôle de coordination qui le place, pour les onze prochains mois, entre le préparateur physique (Prémont) et les directeurs sportifs. 

MAXIME SEGERS dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 15 février 2019.

« Pourquoi ne pas combiner avec un club de football ? »

Habitué des bancs de touche depuis 23 ans, Bernard Smeets reste un passionné du ballon rond… où il conserve pas mal de contacts.

« Je n’établis plus de plan à long terme », pose le coach sous contrat avec WallonieBruxelles jusque fin décembre. « Je cherche uniquement le plaisir. Je réfléchirai si une opportunité se présente dans le football professionnel, car cela reste le sport que je maîtrise le mieux. Par contre, j’aime aller au bout des choses et de mes engagements. Donc pourquoi pas devenir T1 en D1 ou D2 amateurs, tout en combinant avec le vélo. Je reste ouvert à tout projet », conclut celui qui n’exclut pas, à moyen terme de passer derrière le volant pour devenir directeur sportif. « Je dois apprendre, car on ne s’improvise pas DS du jour au lendemain. Je n’ai pas encore le sens de la course, la tactique, la connaissance des parcours… »

M.S.

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