Des veaux sacrifiés car pas rentables

S’ils sont trop maigres, de plus en plus d’éleveurs les font éliminer, sans en valoriser la viande.

Dans les élevages laitiers, nombreux en région verviétoise, de plus en plus de fermiers décident de faire euthanasier de très jeunes veaux sains, car ils sont trop maigres ou malades. Une conséquence de l’évolution du marché international et qui pose question d’un point de vue éthique.

D'une page d'YVES BASTIN à lire dans LA MEUSE VERVIERS du 8 novembre 2019

Une autre piste à Teuven: une filière différenciée

Certains éleveurs sont bien décidés à ne pas faire abattre leurs jeunes veaux. « Chez moi, ce ne sera jamais le cas Capture d’écran 2019-11-08 à 10.11.14.png», déclare Luc Hollands, éleveur bio de Teuven, village des Fourons situé près d’Aubel. Mais il doit bien admettre que décider d’élever un jeune veau mâle laitier d’une valeur de 25 € jusqu’à ce qu’il puisse valoriser sa viande, quand il pourra le revendre après 15 jours, notamment après avoir bu quotidiennement environ 6 litres de lait, lui coûtera plus du double, tout frais compris, et sans compter la main-d’œuvre. Par contre, dans de gros élevages d’un demi-millier de têtes et où le cheptel ne pâture guère ou pas, il estime qu’on se posera moins de questions.

DES VACHES-NOURRICES

« Chez nous, je fais téter le veau jusqu’à ce qu’il soit bien », explique Luc Hollands. Il ajoute que la FUGEA, fédération dont il est membre, veut créer une filière veaux de race laitière, différenciée, axée sur une viande plus blanche, due au fait que ces jeunes animaux n’auront guère bu, avant d’être abattus, que du lait, au pis d’une vache-nourrice disposant de plus de lait que pour son propre veau. Pour lui, « avec les animaux, on doit être paysan, pas financier ». Quatre exploitations se sont déjà lancées dans un tel projet au sein de la FUGEA. D’autres pourraient suivre.

David Pierard, vice-président de la FUGEA et éleveur à Oppagne (Durbuy), qui participe aussi au projet, trouve « insupportable qu’on ne puisse pas valoriser notre production. » Lui pratique l’élevage engraissant des bêtes chétives et il n’a jamais été amené à euthanasier un veau que quand il était malade.

Quand l’animal a atteint le stade adéquat, David Pierard fait abattre le veau et le fait découper par un boucher. Ensuite, retour à l’exploitation où il se charge lui-même de la revente, ce qui lui permet de dégager une marge. Mais c’est du boulot, d’autant que la bête chétive mangera essentiellement de l’herbe, après la phase d’allaitement. De plus, il faut disposer de suffisamment de place dans les étables pour les jeunes animaux.

Commentaires

  • Quand est-ce que l’homme deviendra conscient que l’animal a une âme et est un être vivant comme nous ?
    De quel droit l’homme se prétend supérieur à l’animal et de juger ? C’est à nous les hommes de guérir et de libérer tous les règnes (animaux, végétaux et minéraux).

    Quelle horreur de tuer une vie et de séparer une mère de son enfant pour privilégier la rentabilité !

    L’homme est devenu esclave de l’usurpateur!

  • L'alternative à la viande et au lait c'est le soja et huile de palm qui sont les pus grands responsables des déforestations , extinction de masse d'animaux sauvages tel que les orang outans et autres races de singes, nos cousins. L'élevage du moment qu'il soit lié à la prairie est bien plus écologique et respectueux de l'animal, Mais au consommateur d'acheter les produits d'élevages dont ils sont sure que les animaux ont eu une belle vie, plutôt que pas de vie du tout.

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