Il y a 1 an décédait Roger, Gilet jaune

Ses enfants, constitués partie civile, attendent l’accès au dossier.

Roger Borlez, habitant de Liers, a perdu la vie il y a tout juste un an, sur l’E25 à Visé, alors qu’il participait à un blocage des Gilets jaunes. Il a été renversé par un camion, conduit par un Hollandais. Depuis, ses enfants, constitués partie civile, at- tendent toujours d’avoir accès au dossier.
C’était il y a un an. Le 11 janvier 2019, alors que le « mouvement Gilets jaunes » faisait la Une des médias au fil des jours, Roger Borlez, l’un des leurs, est décédé. Un événement d’autant plus tragique qu’il a perdu la vie alors même qu’il se battait pour ses convictions, celles de vouloir améliorer, justement, le quotidien de beaucoup... Et qui, dès lors, a suscité énormément d’émoi dans le pays, et bien au-delà d’ailleurs.
Ce fameux 11 janvier 2019 était un vendredi soir. Roger Borlez, un habitant de Liers qui travaillait chez Intradel, avait rejoint d’autres Gilets jaunes sur l’auto-route E25 Liège-Maastricht, à hauteur de Visé. C’est une organisation quasi-militaire qui s’était installée là-bas, triant les véhicules au fur et à mesure de leur passage et occasionnant d’importants embarras de circulation. Les circons- tances exactes du drame n’ont toujours pas été établies pour l’instant mais toujours est-il que, vers 19h, le père de famille a perdu la vie, percuté par un camion, qui a ensuite poursuivi sa route vers Landgraaf.
Après enquête, c’est Ben (prénom d’emprunt), un camionneur hollandais, qui a été inculpé pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, puis libéré sous conditions. L’homme -qui s’est rendu à la police après avoir ap- pris qu’il était recherché- a toujours déclaré ne pas s’être rendu compte d’avoir renversé une personne et a surtout décrit la peur qui l’avait envahi, ce soir-là, seul à bord de sa cabine. L’une de ses vitres était d’ailleurs brisée.
Un discours qui s’est toujours avéré contradictoire aux dires de certains témoins sur place. L’enquête doit donc faire la lumière sur cet événement jusqu’alors plutôt nébuleux.
Aujourd’hui, les enfants de Roger se sont constitué partie civile. Et ils attendent, bien évidemment, des réponses. Leur avocat, Maître Molders-Pierre : « Après plusieurs requêtes, je n’ai pas encore pu avoir accès au dossier. Mais il est clair, qu’un an après les faits, s’il est déjà difficile de perdre un proche, le perdre dans un contexte comme celui-là, dans le flou le plus absolu, est très pénible. Car ils veulent avant tout comprendre ce qu’il s’est passé. Mais ils savent qu’ils auront un jour des réponses à leurs questions et nous l’espérons, très prochainement. »
EMILIE DEPOORTER dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 13 janvier 2020.

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