Liège: 2 ans de prison requis contre l’ex-diable rouge Dewalque, locataire de José Happart

À 74 ans, Nico Dewalque, l’ex-gloire du Standard et des Diables rouges dans les années ‘60 et ‘70, comparaissait, une nouvelle fois, devant le tribunal correctionnel.

« Si Monsieur Dewalque est une ancienne gloire du football, il faudrait compléter sa page Wikipédia avec ses nombreuses condamnations qui ont débuté dans les années ‘90 », lançait Jean-Michel Demarche, de l’Auditorat du travail de Liège. « Faux et usage de faux, abus de confiance, détournement, faux en écriture, escroquerie, faillite frauduleuse, Monsieur Dewalque s’est engagé dans une reconversion sur le chemin de la délinquance. »

Le ministère public lui reproche, notamment, d’avoir mis à disposition, entre 2010 et 2016 et via des sociétés bulgares et slovènes, de la main-d’œuvre illégale pour des grandes sociétés belges, comme Galère ou Yvan Pâque, qui travaillaient sur d’importants chantiers. Le plus emblématique était, sans conteste, celui du site de l’OTAN à Evere. Des ouvriers illégaux avaient été retrouvés au domicile de Nico Dewalque, qui louait à l’époque un appartement à José Happart en Feronstrée, mais aussi dans un entrepôt de la Basse-Meuse et à Cointe.

L’Auditorat soupçonne Dewalque d’avoir établi de faux contrats, d’avoir éludé les cotisations sociales, d’avoir aussi mis à disposition des ouvriers pour le compte de sociétés et d’ainsi avoir joué le rôle des agences intérimaires, d’avoir utilisé de la main-d’œuvre étrangère, hors union européenne, sans permis de travail et d’ainsi ne pas l’avoir déclarée à l’ONSS.

Enfin, d’un point de vue fiscal, Dewalque n’a jamais déclaré ses revenus à l’administration.

« Monsieur Dewalque, via des sociétés bulgare et slovène, mettait à disposition des travailleurs au bénéfice de grands entrepreneurs et il créait, autour de cela, un verni de légalité », poursuit Jean-Michel Demarche. « Il expliquait avoir été consultant puis commercial pour ces sociétés avant d’évoquer des contrats de sous-traitants. »

Dumping social

Pour l’Auditorat, il ne fait aucun doute, qu’on est dans la mise à disposition de personnel avec des commandes de 4, 7 ou 10 hommes pour les chantiers X, Y ou Z. « Pour l’opinion publique, le dumping social passe mal. Il fausse les marchés et des intervenants s’enrichissent au passage. Nico Dewalque était à la manœuvre sur tous les fronts : il logeait les ouvriers, il les gérait et il les payait. Le siège social de sa société bulgare se trouvait à Grâce-Hollogne, chez sa fille, et non pas à Sofia qui n’est qu’une simple boîte aux lettres. Ce sont des dossiers difficiles car il faut gratter le vernis de la légalité pour démonter les rouages. Tout était bien ficelé, bien organisé. »

Après avoir passé en revue les nombreux antécédents judiciaires de Nico Dewalque, l’Auditorat réclamait 18 mois de prison pour les infractions sociales et de droit commun. Il demandait 6 mois de prison supplémentaires pour les infractions fiscales et il joignait également un réquisitoire de confiscation pour une valeur de 261.573 € qui correspond aux revenus non déclarés.

Le jugement sera rendu le 13 mars prochain.

ARNAUD BISSCHOP (site de LA MEUSE)

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