Emploi des langues - Page 5

  • La candidature de la Belgique au Conseil de sécurité de l’ONU menacée?

    "Alors que la Belgique est en pleine campagne pour tenter de décrocher un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2019-2020 et accéder ainsi au principal organe de décision onusien, les prises de position de la Flandre et des nationalistes flamands de la N-VA en particulier, dans plusieurs dossiers touchant de près aux droits de l’homme et à la lutte contre les discriminations, pourraient jouer en défaveur de la candidature de notre pays", peut-on lire dans le dernier numéro des "Nouvelles de Flandre", publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

    Au directeur de l’APFF, Edgar Fonck, de poursuivre: "Qui dit lutte contre les discriminations, dit lutte contre les discriminations linguistiques et protection des minorités.

    Le premier dossier, où le moins que l’on puise dire c’est que la ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), ne fait pas preuve de beaucoup d’esprit démocratique, c’est le refus de nommer Damien Thiéry (MR) au poste de bourgmestre de Linkebeek, sous prétexte qu’il a envoyé les convocations électorales en français aux francophones de sa commune.

    Dans son rapport d’analyse de la situation, le Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l'Europe qui a envoyé deux représentants sur place, début février, rappelle que 'le Congrès a affirmé de manière constante, que la non-nomination d'un bourgmestre proposé par le conseil communal, comme le prévoit la législation flamande sur les communes, est contraire à la Charte'. Il souligne que le système de nomination des bourgmestres en Région flamande paraît peu compatible 'avec les principes démocratiques élémentaires'. Depuis, un second candidat-bourgmestre francophone à Linkebeek, Yves Ghequière, a été écarté pour des raisons similaires.

    Deuxième dossier qui a retenu également l’attention du Conseil de l’Europe: l’utilisation du français lors des conseils communaux. Là encore le rapport d’analyse du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe rappelle, n’en déplaise à Madame Homans, qu’il a déjà adopté une résolution et une recommandation sur la question en 2008 dont il ressort que 'les lois linguistiques belges telles qu'interprétées et appliquées par les autorités flamandes dans les communes dites à facilités entravent la participation des citoyens francophones à la vie politique locale'. Le Congrès précise avoir recommandé de 'revoir les lois linguistiques notamment quant à leur application dans les communes dites à facilités' afin de permettre l'usage des deux langues lors des conseils communaux.

    Autre sujet de polémique: les attaques ciblées menées par la N-VA contre Unia (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances). Selon le journal De Standaard: 'l’agenda caché de la N-VA depuis des années est un centre pour l’égalité des chances propre à la Flandre. Le parti veut peser politiquement sur le fonctionnement et la vision d’un tel centre'. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’Unia a dénoncé l’absence d’organe compétent pour traiter des discriminations linguistiques et s’est dit prêt à accepter cette mission supplémentaire. Qui plus est, Unia est appelé à jouer un rôle important dans le futur Institut national des droits de l’homme (INDH).

    Face à l’obstination des nationalistes flamands qui ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire et qui sont au pouvoir tant au niveau régional que fédéral, il n’est pas certain que notre ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), réussisse à convaincre ses pairs de soutenir la candidature de la Belgique au Conseil de sécurité.

    En effet, d’aucuns auront perçu un décalage entre la situation sur le terrain et les propos de Monsieur Reynders lorsqu’il lance à la tribune de l’ONU: 'la Belgique s’est engagée à veiller à la cohérence entre son action internationale, et le respect des droits de l’Homme à l’intérieur de ses propres frontières et au sein de l’Union européenne. Comme je l’ai confirmé lors de la présentation de notre bilan dans le cadre de l’Examen périodique universel, c’est un engagement auquel je veille personnellement'."

  • Des sanctions à retardement

    Toute personne de plus de 25 ans habitant sur le territoire d'une commune située en Flandre doit payer 50 € (ou 25 € dans certains cas) à cette caisse, soit via sa mutuelle, soit directement à la La Vlaamse Sociale Bescherming (Protection sociale flamande), souvent aussi appelée "Zorgkas".

    Loin d'être un modèle en matière de tolérance linguistique, ce service du gouvernement flamand sème même l'inquiétude en Flandre. C'est le journal "Het Belang van Limburg" qui rapporte aujourd'hui le cas d'un couple âgé pour lequel les interventions de la "Zorgkas" seront retardées de 8 mois parce que ces gens ont eu deux retards de paiement de leur cotisations.

    700.000 "Flamands" seraient concernés par ces sanctions. Et parmi eux, combien de Francophones qui ont d'abord dû réclamer les bulletins de paiement en français, sans nécessairement les recevoir de cette administration malveillante?

    Besoin d'aide pour régulariser votre situation? Allez voir votre mutuelle ou un assistant social du C.P.A.S. des Fourons.

  • Saint-Hadelin : de l’anglais dès la 1ère année

    Consciente de l’enjeu stratégique que représentent la connaissance et la pratique d’une langue étrangère, la direction du Collège Saint-Hadelin de Visé a décidé d’innover en proposant une immersion en anglais dès la première année secondaire, à partir du mois de septembre. Et ce, pour plusieurs raisons. « Dans notre société contemporaine, la maîtrise des langues étrangères est un réel enjeu. La communication dans les matières économiques, scientifiques, sociologiques, politiques ou artistiques passe bien souvent par l’anglais. De plus, on ne peut se contenter de débats communautaires et d’idéaux nationaux : il faut s’élever à l’échelle du monde. En outre, de nombreux étudiants sont friands des programmes d’échange linguistique et culturel au-delà de nos frontières. De surcroît, l’enseignement supérieur fait la part belle à l’anglais, tant dans notre province que du côté de Maastricht (Pays-Bas), parce que nos jeunes vivent dans un univers cosmopolite, connecté et anglophone », énoncent Juliane Antoine, di- rectrice du premier degré, et Sabrina Russo, directrice générale du Collège visétois. C’est ainsi que Saint-Hadelin franchit le pas et fait le grand saut en plongeant dans l’immersion. « Plonger, certes, mais en maintenant le cap vers un enseignement de qualité qui ne cède en rien à la facilité d’un simple effet de mode, en hissant haut la voile de la connaissance du français, indispensable à l’ap- prentissage de tout autre langage et en définissant des couloirs de navigation sécurisés pour mener chacun à bon port, avec à la barre, une équipe éducative motivée et attentive aux besoins spécifiques des élèves en immersion », précisent ces mêmes per- sonnes. Une séance d’information aura lieu le mercredi 15 février à 20h. Des visites guidées de l’école sont également prévues le samedi 18 février de 14h à 17h. Quant à la période d’inscription en première année, elle débutera à partir du lundi 6 mars.

    YANNICK GOEBBELS dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 3 février 2017

  • Certificats verts en panne chez Infrax

    Plus de 20.000 propriétaires de panneaux photovoltaïques domiciliés en Flandre ne peuvent plus déclarer leurs certificats verts. Le gestionnaire de réseau Infrax enverra encore cette semaine un courriel à chacun pour rendre cela de nouveau possible.
    Les propriétaires de panneaux photovoltaïques reçoivent une certaine somme (en fonction de la date d'installation) en échange de leurs certificats verts.
    Depuis le 10 octobre 2016, ce sont Infrax et Eandis qui sont en charge de la distribution des certificats verts. Pour les obtenir, les propriétaires devaient s'identifier au moyen d'un code unique reçu par courriel. 70.000 codes ont été envoyés en novembre et décembre aux adresses fournies par la VREG, mais 20.000 propriétaires ne se sont pas encore identifiés. Ils n'ont peut-être pas reçu le courriel ou leur messagerie l'a peut-être rangé dans les "spams". Ils recevront un nouveau courriel cette semaine avec un nouveau code.
    Inutile de se faire des illusions cependant car le message ne sera envoyé qu'en flamand.
    Infrax a en effet un site bilingue, mais la version française n'est destinée qu'aux clients domiciliés en Wallonie.

  • Droits de l’homme: Quid de l’organe compétent pour traiter des discriminations linguistiques?

    "Il y aura bientôt 10 ans, la Belgique se dotait d’une loi antidiscrimination ayant pour objectif de lutter contre la discrimination fondée sur l’âge, l’orientation sexuelle, l’état civil, la naissance, la fortune, la conviction religieuse ou philosophique, la conviction politique, la langue, l’état de santé actuel ou futur, un handicap, une caractéristique physique ou génétique ou l’origine sociale.", peut-on lire dans le dernier numéro des "Nouvelles de Flandre", publié par l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF).

    Le directeur de l’APFF, Edgar Fonck, ne manque pas de souligner: "Oui, vous avez bien lu! La loi du 10 mai 2007 a notamment pour objectif de lutter contre les discriminations linguistiques. Mais cette tâche devait être confiée à une institution publique spécialisée 'en raison de l’existence d’un régime juridique complexe en matière d’emploi des langues et de la structure institutionnelle propre de notre État'. L’article 29, §2 de la loi antidiscrimination prévoit que 'le Roi désigne l'organe qui sera compétent pour les discriminations fondées sur la langue'.

    Près de 10 années se sont écoulées et toujours pas la moindre trace de désignation d’un organe compétent, alors qu’Unia (ex-Centre interfédéral pour l’égalité des chances) se soit dit prêt à accepter cette mission supplémentaire. La victime d’une discrimination linguistique se retrouve donc livrée à elle-même.

    Notons, comme en témoigne l’Union des Francophones (UF), que les exemples de discriminations et vexations subies par les francophones dans la vie quotidienne en périphérie bruxelloise (1) et même dans toute la Flandre, ne sont pas rares: accès quasi impossible au logement social, rapports avec l’administration, refus de subsides culturels aux associations francophones, refus de nomination d’un bourgmestre, etc...

    Il est selon nous indispensable que l’organe chargé de traiter des discriminations linguistiques soit désigné avant la création du futur Institut national des droits de l’homme (INDH) que la Belgique s’est engagée à mettre sur pied d’ici la fin de l’actuelle législature, en 2019.

    En effet, nous ne sommes pas convaincus par les explications du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), en réponse à une question orale récente d’Olivier Maingain (Défi) sur 'la protection des droits linguistiques dans le cadre du futur institut national des droits de l'homme' (n° 14951).

    Lorsque le président de Défi demande au ministre de la Justice: 'Quelles garanties pouvez-vous donner quant à la prise en considération de la problématique de la lutte contre les discriminations fondées sur la langue?', ce dernier répond: 'Le mandat du futur mécanisme national des droits de l’homme doit pouvoir couvrir, en principe, toutes les questions relatives aux droits de l’homme, en ce compris toutes les formes de discrimination.'

    Et d’ajouter: 'Conformément aux Principes de Paris, le point de départ est que le nouveau mécanisme exercera une compétence résiduelle s’agissant des mandats et activités non couverts à ce jour en Belgique. Cependant, il appartiendra au mécanisme lui-même de déterminer ses activités et domaines prioritaires.'

    Patientant depuis près de 10 ans, nous espérions que le ministre de la Justice fasse preuve de plus de détermination. On en est, hélas, loin!'

    (1) http://www.uniondesfrancophones.be/index.php/uf/discriminations


    Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le numéro 83 (janvier 2017) des "Nouvelles de Flandre". Ce numéro peut aussi être consulté sur notre site internet (http://www.francophonie.be/ndf).