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  • « Saint-Trond est historiquement liée à la francophonie »,

    HESBAYE

    St-Trond VV drague les Hesbignons 

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    Il n’y a pas que le Standard dans la vie... Ainsi peut assurément s’interpréter l’appel du pied lancé par Bart Lammens et ses Trudonnaires, lors de la « première conférence de presse francophone » organisée mardi soir dans les prestigieuses installations du Stayen.

    Tous les ingrédients sont alors rassemblés pour que le rendez-vous média affriole plus d’un journaliste présent. Tandis qu’un traiteur hervien régale la galerie, le tout aussi brillant Yannick Ferrera entre en piste, non sans faire remarquer que sa langue maternelle est le français. Le ton est donné.
    « La langue ne peut pas constituer un obstacle dans la réussite d’un club de football », commente-t-il. « Treize de nos vingt-six joueurs sont francophones. J’ai donc pris le pli d’utiliser simultanément le français et le néerlandais lors de nos entrainements et autres rendez-vous. » Pour le président du club, le potentiel de supporters et sponsors francophones est énorme. « Il y a six ans, nous comptions déjà dix pour cent de supporters francophones », explique Bart Lammens. « Lorsque 
    j’ai repris le club de Saint-Trond, il y a maintenant trois ans, nous avons eu l’idée de lancer notre site internet dans les deux langues pratiquées dans notre région. Mais l’enfer que nous avons vécu nous a renvoyés en division 2. À présent, j’ai le sentiment profond que nous allons renouer dès la fin de cette saison 
    avec la Jupiler Pro League. Nous voulons dès lors offrir une image de club bilingue. »

    Forte de ses quelque 40.000 habitants, Saint-Trond s’approprie volontiers le titre de capitale hesbignonne, au risque de fâcher les voisins waremmiens. On se souviendra que, tout récemment, l’initiative des autorités trudonnaires avait passablement irrité leurs limitrophes francophones (Hannut et Waremme) lorsqu’un appel avait été lancé pour vanter les commerces de la ville natale de Danny Boffin.

    « Saint-Trond est historiquement liée à la francophonie », renchérit le président Lammens. « Jusqu’à la Révolution, nous nous trouvions au cœur de la principauté de Liège. Notre club a donc de bonnes raisons d’entretenir cette mixité entre fran- cophones et néerlandophones. Tous les supporters et sponsors franco- phones sont les bienvenus chez nous!»

    Dans l’ombre du staff du club tru- donnaire œuvre également une fi- gure bien connue de l’autre côté de la frontière linguistique, Benoît Robert, ancien président du RFC Hannut. « Je donne un coup de main pour établir des relations entre le club de Saint-Trond et les en- treprises francophones », confie-t-il. « Et il n’est pas exclu que fleurissent prochainement des clubs de supporters trudonnaires en Hesbaye francophone... » l

    DIDIER DE HOE dans LA MEUSE LIEGE et BASSE-MEUSE du 19 mars 2015.

    Feu le Major André LEFEBVRE (Mouland) avait donc raison lorsqu'il évoquait le passé francophone de Tirlemont et Saint-Trond.