Emploi des langues

  • La société civile et les victimes de discriminations linguistiques "roulées dans la farine"

    Lors de son Examen périodique universel (EPU) de 2016, la Belgique s’était engagée à travailler en collaboration étroite avec la société civile pour assurer le suivi dudit examen. Mais notre pays n’a pas tenu ses engagements: la société civile n’a plus été réunie depuis le "débriefing" du 27 avril 2016 sur le dialogue interactif et le suivi de l’EPU de 2016, il y a près de 3 ans. De plus, le bilan à mi-parcours de l’EPU de 2016, que la Belgique aurait dû envoyer à l’ONU l’été dernier, après avoir consulté la société civile, n’a toujours pas été réalisé. A ce jour, aucune réunion avec la société civile n’a été programmée.

    Le site internet des Affaires étrangères(1) est pourtant très explicite: "Le rôle joué par la société civile, y compris les ONG et les médias, est essentiel au fonctionnement de notre système démocratique, ainsi qu'à la protection des droits de l'homme. En contrôlant l'activité de l'Etat, la société civile agit comme un contrepoids nécessaire à son pouvoir. Le SPF Affaires étrangères accorde une grande importance à l'existence d'un dialogue avec les différents représentants de la société civile. (…) Le ministre des Affaires étrangères rencontre lui-même chaque année les principales ONG belges pour discuter de différents thèmes d’actualité et de l’action de la Belgique sur la scène internationale".

    Déjà dans le rapport que notre pays a remis à l’ONU(2) pour préparer l’EPU de 2016, on pouvait lire: "La Belgique est déterminée à s'acquitter pleinement de ses obligations dans le domaine des droits de l'homme et à améliorer ses mécanismes nationaux chargés d'assurer un suivi dans ce domaine. Elle s'engage également à continuer d'établir les rapports destinés à tous les mécanismes des droits de l'homme, notamment à l'Examen périodique universel, dans les délais impartis et à coopérer avec ces mécanismes. La participation des organisations de la société civile à ce processus demeurera une priorité essentielle".

    Forte de ces engagements répétés mais non concrétisés, doublés de l'acceptation par la Belgique de la recommandation de la Pologne d’"associer la société civile au processus de suivi et de mise en œuvre des recommandations issues de l'EPU", l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) condamne avec force le fait que la société civile n’ait pas été réunie pour examiner le projet de loi de création d’un Institut national des droits de l’Homme (INDH). La création d’un INDH doit faire partie du suivi de l’EPU de 2016 parce que cette création a fait l’objet de recommandations de plus de 30 pays lors de l'examen et que la Belgique les a acceptées. Elle se doit donc de les mettre en œuvre d’ici le prochain EPU de notre pays en 2021.

    L’APFF vient d’apprendre que la création d’un INDH pourrait encore être votée avant la fin de la législature, la proposition de loi(3) y afférant ayant été adoptée en Commission des Relations extérieures le 27 mars dernier.

    Ayant contacté la Ligue des droits humains (LDH), nouvelle appellation de la Ligue des droits de l’homme, l’APFF a été effarée d’apprendre que la LDH n’avait plus été consultée depuis 2015 à propos de la création d’un INDH. Un comble quand on sait que la LDH est un des piliers de la société civile, avec Amnesty international, en matière de protection des droits humains.

    Dans sa version actuelle, la proposition de loi de création d’un INDH est inacceptable. Elle n’offre aucune avancée en matière de lutte contre les discriminations linguistiques.

    En effet, si elle est votée telle quelle, c’est à dire sans amendement, il sera très difficile, voire impossible, d’obtenir par la suite qu’un organe compétent pour lutter contre les discriminations linguistiques soit désigné, alors qu’UNIA (ex-Centre interfédéral pour l’égalité des chances) est candidate.

    L’article 5 de la proposition de loi est très clair. Il explique que le futur INDH ne traitera pas des plaintes individuelles. Il importe donc avant toute chose qu’UNIA soit désignée comme organe compétent en matière de discriminations basées sur la langue, sans quoi les victimes de discriminations linguistiques continueront d’être livrées à elles-mêmes, ce qui créerait une discrimination parmi les victimes de discriminations!

    Bien qu’UNIA n’ait toujours pas été désignée, elle a fourni des informations très intéressantes quant aux discriminations basées sur la langue, lors de son audition(4) à la Chambre, le 14 mars 2018: "En 2016, Unia a reçu au total 136 signalements concernant spécifiquement le critère de la langue. À cela s’ajoutent 30 signalements dans lesquels le critère de la langue était mentionné en plus d’un autre critère, soit au total 166 signalements". Et de préciser qu’au cours des cinq dernières années, "sur 825 signalements reçus uniquement sur le critère langue (donc pas combinés avec un autre critère), 508 provenaient de requérants néerlandophones, 281 de requérants francophones et le reste de requérants s’adressant dans une autre langue".

    A la lecture de ces chiffres, il est évident que les discriminations linguistiques ne sont pas un simple détail qui ne concerne que quelques cas isolés. Les Flamands s’en disent au moins autant victimes que les francophones. Nos politiciens se doivent d’y apporter une réponse en collaboration étroite avec la société civile et en toute transparence.

    (1) https://diplomatie.belgium.be/fr/politique/themes_politiques/droits_de_lhomme/questions_specifiques/collaboration_avec_la_societe_civile
    (2) https://www.upr-info.org/sites/default/files/document/belgium/session_24_-_january_2016/a_hrc_wg.6_24_bel_1_f.pdf
    (3) http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/3670/54K3670001.pdf
    (4) https://www.unia.be/files/Documenten/Publicaties_docs/180314audition_ADAR_r%C3%A9ponses.pdf

  • Les francophones de Flandre sacrifiés ?

    L’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) ayant pris connaissance de la proposition de loi concernant la création d’un Institut national des droits de l’Homme (INDH) émet les plus strictes réserves quant aux conséquences du document en question.

    Inutile de dire que si la proposition de loi qui a été approuvée en Commission des Relations extérieures de la Chambre est votée telle quelle, c’est à dire sans amendement - ce qui pourrait être le cas avant la fin de la législature -, il sera très difficile, voire impossible, d’obtenir par la suite qu’un organe compétent pour lutter contre les discriminations linguistiques soit désigné. Les 310.000 francophones qui vivent en Flandre seraient tout simplement sacrifiés !

    Pour l’APFF, il est tout à fait inacceptable que nulle part dans la proposition de loi, il ne soit fait clairement référence à la lutte contre les discriminations linguistiques, alors que dans leur rapport présenté en 2017 à la Chambre, les experts de la Commission d’évaluation des lois antidiscrimination de 2007 ont rappelé qu’Unia (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances) ne peut intervenir en cas de discrimination linguistique.

    A la Commission d’évaluation qui était présidée par Françoise Tulkens de déclarer : "il convient de remédier à cette incohérence du dispositif de protection contre les discriminations, qui crée une inégalité entre les victimes". Suite à quoi les experts ont recommandé de "mettre à exécution l'article 29 § 2 de la loi antidiscrimination et de désigner un organisme de promotion de l'égalité de traitement compétent pour le motif de la langue ».

    Ce n’est un secret pour personne : les nationalistes flamands ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire ni de discriminations linguistiques.

    De ce fait, la Belgique n’a toujours pas ratifié la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales ni le Protocole additionnel n°12 à la Convention européenne des droits de l'Homme chargé de lutter contre toutes formes de discriminations, en ce compris les discriminations linguistiques.

  • Coach et joueurs traités de « sales Wallons » !

    Le communautaire s’invite sur les terrains de foot. Le coach francophone d’une équipe flamande dénonce.

    Entraîneur d’une équipe limbourgeoise, Alain Savelkoul, ancien entraîneur à Tongres et à Visé, dénonce les insultes racistes dont ses joueurs sont victimes. Les Liégeois Capture d’écran 2019-03-15 à 08.34.13.pngfrancophones du club d’Opheers, juste à côté d’Oreye, reçoivent des insultes comme « sales Wallons » de certains adversaires et arbitres.

    Le club de l’Eendracht MechelenBovelingen-Opheers (EMBO) évolue dans le Limbourg, en deuxième division provinciale de football. Il est situé à la frontière linguistique, à quelques kilomètres d’Oreye (Hesbaye). La particularité de cette équipe flamande ? Une large majorité de wallons la composent. L’entraîneur est aussi francophone. Après une préparation intéressante et un départ correct (une défaite, une victoire et un partage, soit quatre points sur neuf), l’EMBO n’enchaîne pas.

    Alain Savelkoul dénonce l’attitude du corps arbitral et de certains adversaires : « Le fait qu’on ne soit pas tous flamands a rapidement posé problème. Dès notre quatrième rencontre, on a constaté un changement d’attitude des arbitres. La langue française n’est apparemment pas autorisée sur les terrains limbourgeois... Des matches ont étonnamment basculé en notre défaveur. Plusieurs personnes nous ont dit : “Ici, on parle flamand, pas français.” Même quand le capitaine, Sidi Farssi qui a évolué en première division, s’est exprimé en néerlandais, l’arbitre l’a renvoyé. Pour ses protestations, notre capitaine a écopé de huit semaines de suspension alors qu’il n’a jamais reçu de carton rouge comme professionnel. L’équipe est composée de joueurs d’origines africaines et des insultes à caractère raciste sont également proférées à notre encontre. Les arbitres nous ont plus vite pénalisés que les autres. On a d’ailleurs terminé certaines rencontres à huit contre onze.

    Pour leurs interpellations, certains de mes joueurs ont reçu des sanctions disproportionnées. »

    Capture d’écran 2019-03-15 à 08.31.32.png

    D'un article de JUMA à lire dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 15 mars 2019.

  • Une bonne raison pour les respecter

    22 % des touristes à la Côte belge viennent de Wallonie ou de Bruxelles.

    Westtoer, l’office du tourisme de la mer du Nord vient de présenter les grandes lignes de la saison estivale, de La Panne à Knokke, soit sur les 67 km de notre Côte belge. Et à la demande du public, tout est concentré sur les activités en et au bord de mer.

    Une page de MURIEL SPARMONT à lire dans LA MEUSE du 28 février 2019.

    "Westtoer" devrait peut-être s'adresser aussi aux responsables politiques de la "Vlaamse Kust" pour un peu mieux mériter ces 550 millions d’euros dépensés par les Francophones qui fréquentent la côte.

     

  • Touristes francophones et étrangers en danger sur la plage du Coq ?

    D’importants travaux de réensablement vont débuter sur la page du Coq (Flandre). Pour ce faire, de très grandes quantités de sable mélangé à de l’eau de mer vont être pompées à partir d’un bateau et être déversées sur la plage.

    Ce type de travaux peut occasionner la formation temporaire de sables mouvants.

    Des panneaux explicatifs et d’avertissement du danger ont été installés afin de prévenir le public. Le hic, c’est que tous ces panneaux sont exclusivement rédigés en néerlandais.

    Quid des nombreux touristes qui ne pratiquent pas la langue de Vondel?

    Afin d’éviter tout risque d’accident, au Coq ou ailleurs, l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) en appelle aux autorités locales et aux responsables politiques pour que les consignes de sécurité soient affichées partout en Belgique dans nos trois langues nationales (français, néerlandais et allemand) ainsi qu’en anglais.

    Il serait stupide que nos querelles linguistiques soient à l’origine d’un drame. Et ces communes touristiques ont légalement le droit de communiquer en néerlandais, français, allemand et anglais.

    Autre possibilité d'éviter le danger: ignorer la "Vlaamse Kust" comme destination de vacances.