Facilités linguistiques

  • Clash linguistique chez Vanden Borre

    Depuis 2008, le bourgmestre CD&V de la Ville de Renaix, Luc Dupont, ne s’en cache pas : il en a marre des facilités linguistiques (en matière administrative, note du blogueur) dans son entité. Un régime discriminatoire et coûteux selon lui. En 2018, une motion quasiment unanime du conseil communal renaisien voyait le dépôt d’une proposition de loi spéciale, pour abolir les facilités linguistiques dans la ville. En août dernier, le tribunal de première instance de Bruxelles déboutait les autorités communales de Renaix qui contestent ce statut linguistique spécial pour les francophones. Les autorités ont décidé de se pourvoir en appel. La poursuite de la procédure judiciaire a été confirmée par le bourgmestre,

    la cour d’appel de Bruxelles devrait rendre sa décision au courant de 2020. La semaine dernière, des actes de vandalisme, signés par les activistes flamingants du Taal Aktie Komitee, étaient commis. Ils ont barré les indications françaises des panneaux de signalisation.

    « SCANDALEUX »

    Dans ce contexte pesant, Yves Verdonck s’est rendu au magasin Vanden Borre de Renaix pour acheter une tablette. « Je n’ai pas eu de bonjour du vendeur qui n’a pas daigné parler français (alors que la législation linguistique en matière administrative n'est pas d'application dans un magasin où prévaut la liberté linguistique garantie par la Constitution belge, note du blogueur). Avec ma fille, nous avons fait un effort de compréhension en néerlandais, mais les termes étaient trop spécifiques ». Un couple a bien tenté de jouer les traducteurs mais le vendeur a refusé catégoriquement. « Je ne suis pas du genre à me plaindre, mais là, j’ai trouvé cette attitude scandaleuse. Sur le coup, j’étais tellement scotché, que j’ai acheté la tablette et suis parti sans rien dire ». Il a écrit à la maison mère de l’enseigne spécialisée en multimédia, qui n’a pas répondu à nos sollicitations. Un membre du personnel du magasin renaisein a qualifié le vendeur de « pur flamand » pour justifier son comportement.

    Q.M. dans LA MEUSE du 10 septembre 2019.

  • Guy Coëme se trompe sur le mot "irréfragable"

    Capture d’écran 2019-08-27 à 09.05.14.png"La Meuse" fait appel dans ses éditions d'aujourd'hui aux souvenirs de Melchior Wathelet (Senior) et de Guy Coëme à propos de l'entourloupe constitutionnelle sur l’incapacité (morale) de régner du Roi Baudouin qui a permis de régler, en avril 1990, le problème de la signature de la loi sur la dépénalisation de l'avortement.
    Et Guy Coëme déclare que "c'est à ce moment-là que le mot "irréfragable" a été inventé."

    L'article 72 "bis" introduit à la suite de la loi d'août 1988 sur les communes à statut linguistique spécial précise que tous les élus (conseillers communaux, échevins et conseillers du CPAS) bénéficient de la présomption irréfragable (c'est-à-dire qui ne peut être contestée) de la connaissance de la langue de la région (le néerlandais dans les Fourons). Cette présomption irréfragable ne s'applique pas aux bourgmestres, mais à tout mandataire élu directement par la population pour le mandat exercé (article de Daniel Conraads, Le Soir, 2 juillet 1994).

     

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  • Une explication de l’échec de Didier Reynders

    L'échec de la candidature de Didier REYNDERS au SG du Conseil de l'Europe est moins l'échec d'un homme que celui de l'Etat belge qui ne respecte pas les recommandations et admonestations de cette même institution: non ratification de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales; non nomination des bourgmestres francophones dans la périphérie; mépris des droits culturels de francophones de Flandre; non modification de la législation linguistique condamnée par la Cour de Strasbourg depuis 1968. La récente "affaire chinoise" a rajouté une couche.

    Charles-Etienne Lagasse 

  • Police on Web met fin à une fantaisie de notre bourgmestre

    Comme partout ailleurs en Belgique, la police des Fourons propose de surveiller gratuitement votre habitation pendant une absence (vacances ou hospitalisation, par exemple).

    A cette fin, il faut faire une demande à la police. Selon sa fantaisie habituelle, le bourgmestre impose à la police d'utiliser à cette fin un formulaire, qui, selon sa conception très personnelle des lois linguistiques, ne peut exister qu'en néerlandais.

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    Le guichet de la police fédérale, Police-on-web, vous permet désormais de faire la demande directement et entièrement en français. 

  • Les francophones de Flandre sacrifiés ?

    L’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) ayant pris connaissance de la proposition de loi concernant la création d’un Institut national des droits de l’Homme (INDH) émet les plus strictes réserves quant aux conséquences du document en question.

    Inutile de dire que si la proposition de loi qui a été approuvée en Commission des Relations extérieures de la Chambre est votée telle quelle, c’est à dire sans amendement - ce qui pourrait être le cas avant la fin de la législature -, il sera très difficile, voire impossible, d’obtenir par la suite qu’un organe compétent pour lutter contre les discriminations linguistiques soit désigné. Les 310.000 francophones qui vivent en Flandre seraient tout simplement sacrifiés !

    Pour l’APFF, il est tout à fait inacceptable que nulle part dans la proposition de loi, il ne soit fait clairement référence à la lutte contre les discriminations linguistiques, alors que dans leur rapport présenté en 2017 à la Chambre, les experts de la Commission d’évaluation des lois antidiscrimination de 2007 ont rappelé qu’Unia (ex-Centre interfédéral pour l'égalité des chances) ne peut intervenir en cas de discrimination linguistique.

    A la Commission d’évaluation qui était présidée par Françoise Tulkens de déclarer : "il convient de remédier à cette incohérence du dispositif de protection contre les discriminations, qui crée une inégalité entre les victimes". Suite à quoi les experts ont recommandé de "mettre à exécution l'article 29 § 2 de la loi antidiscrimination et de désigner un organisme de promotion de l'égalité de traitement compétent pour le motif de la langue ».

    Ce n’est un secret pour personne : les nationalistes flamands ne veulent pas entendre parler de minorité francophone sur leur territoire ni de discriminations linguistiques.

    De ce fait, la Belgique n’a toujours pas ratifié la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales ni le Protocole additionnel n°12 à la Convention européenne des droits de l'Homme chargé de lutter contre toutes formes de discriminations, en ce compris les discriminations linguistiques.