Histoire

  • Nico Droeven à Omaha Beach

    Nico Droeven a publié cette photo de son ami George Ciampa salué par le Général US commandant les Rangers à Omaha Beach. Il est dans la région pour le 75e anniversaire du débarquement en Normandie.

  • La famille la cherchait à Fouron-le-Comte, elle a été retrouvée à Herstal

    Alors que l’on pensait le corps du « passeur d’hommes » awansois, héros de guerre 14-18, disparu à jamais, il vient d’être retrouvé ! La tombe de Guillaume Valleye a été relevée au cœur du cimetière de Rhées à Herstal. Elle sera classée sépulture d’intérêt historique local.

    Durant 25 ans, Nicolas Gérard a arpenté les allées des cimetières d’Awans et répertorié minutieusement les sépultures présentes. Passionné d’histoire et des Grandes Guerres, son attention a été particulièrement attirée par Guillaume Valleye, né en 1885 à Villers-L’Evêque, véritable héros de la guerre 14-18, trop souvent méconnu du grand public et de la population locale. « Son corps a disparu, on ne l’a jamais retrouvé, ni même ses héritiers. C’était un véritable mystère », introduit-il.

    Tout juste sait-on que Guillaume Valleye est mort le 9 avril 1918 à Fouron-le-Comte. Il se fait électrocuter alors qu’il tente de passer la frontière hollandaise. Il est alors âgé de 32 ans. Cet ouvrier mineur, marié et père de trois enfants, était ce qu’on appelle « un passeur d’hommes ». « Son histoire est incroyable ! Il aidait les soldats à rejoindre les troupes derrière l’Yser, mais passait aussi des messages aux renseignements français, notamment concernant le chemin de fer », détaille le passionné. Durant ces missions secrètes, Guillaume Valleye se fait arrêter et emprisonner par les Allemands… à 9 reprises ! « Et, à chaque fois, il s’est échappé. C’est lors de sa dixième fuite qu’il se fait électrocuter. »

    Si l’histoire est belle et suscite le respect face au courage dont l’homme a fait face, son corps n’avait jamais été retrouvé.

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  • Soldats belges dans l'armée du Tsar

    La projection du film "Soldats belges dans l'armée du Tsar" mercredi dernier à Visé a connu plus de succès que prévu. Une belle inauguration pour la salle polyvalente du nouveau complexe "Les Tréteaux".

    Françoise Lempereur a présenté le film en racontant des rencontres avec un des soldats en 1990. Il s'agissait de M. Gérard Houbiers20190213_028.JPG qui avait 92 ans à l'époque et avec des descendants d'autres soldats. Toutes ces recherches ont permis la réalisation d'un film très intéressant bien mis en valeur par une musique originale de Guy Cabay.

    Après la projection, Françoise Lempereur a fait part d'un énorme problème de financement. Le film contient, par exemple, des images très intéressantes des archives allemandes, mais celles-ci demandent 140 € par seconde de film. La Fondation Roi Baudouin a décidé de soutenir l'initiative et elle délivrera des attestations fiscales pour tout don de minimum 40 € par année fiscale.

    Si vous souhaitez soutenir cette initiative, faites-le savoir à l'a.s.b.l. Ambiances... (Zoning de Floreffe, rue des Artisans 30, 51502 Floreffe - info.ambiances@skynet.be).  

  • SOLDATS BELGES DANS L'ARMEE DU TSAR

    Le documentaire "SOLDATS BELGES DANS L'ARMEE DU TSAR" réalisé
    par Françoise Lempereur.

    Le film retrace l’épopée du Corps belge des autos-canons
    mitrailleuses lors de Grande Guerre à travers le récit de Lise THIRY, la fille de Marcel THIRY et nièce d’Oscar THIRY, deux frères liégeois engagés simultanément en 1915, et trois de ses anciennes amies d’enfance, trois filles de compagnons d’armes de Marcel Thiry :
    Janine, fille de Jean Goossens; Jacqueline, fille de Théo Halleux et Suzy, fille de Paul Bodson sans oublier Virginie, fille du chef mécanicien Achille Vanderstichel. Nous avons choisi de mettre en avant ce patrimoine familial tout en enregistrant les récits qui ont animé la jeunesse de leurs détentrices. Elles livrent à la caméra des souvenirs tantôt drôles et tantôt poignants. 



    Extrait du documentaire "Soldats belges dans l'armée du Tsar" de Françoise Lempereur from Ambiancesasbl on Vimeo.

    Autre récit, celui de cette équipe de passionnés dont, André Filée, fils d’ACM, qui avec une dizaine de collaborateurs très motivés ont entrepris de reconstituer une voiture blindée de 1915 grandeur nature. 


    Infos : Centre Culturel de Visé - 04 374 85 50

  • Dans les archives de l'UNION, le bulletin des anciens du Collège Saint-Hadelin

    Demande d’asile politique
    Sentant approcher la débâcle, Guillaume II fit appeler un représentant de l'ambassade de Hollande en Allemagne. Il lui enjoignit de partir immédiatement pour La Haye avec mission de demander asile politique pour l’Empereur d’Allemagne. C'était une mission délicate et protocolaire qui devait s'accomplir oralement. Le légat partit sur le champ et son passage au poste de frontière de Mouland fut noté le même jour, 9 novembre, dans la soirée.
    Le Kaiser s’impatiente
    Les événements, surtout la rébellion au sein de l’armée, se précipitaient. Le Kaiser n’attendit pas la réponse du gouvernement hollandais. D’ailleurs, le légat n'avait pas encore eu l’occasion de régler l'affaire à La Haye. Le lendemain 10 novembre, l’Empereur était, déjà à 6 heures du matin, à la frontière de Mouland. On ne savait donc rien ni au poste des douanes belges (occupé par des militaires allemands) ni au poste de garde militaire à la douane hollandaise. Ceci fut à l’origine des difficultés tragi-comiques qui suivirent.
    Prise d’assaut du territoire hollandais
    Le Kaiser avait une escorte de 9 automobiles transportant une vingtaine d'officiers. Les autos étaient barbouillées de boue pour les rendre méconnaissables, car ni le Kaiser ni ses officiers ne se sentaient en sécurité, même dans le voisinage de leurs propres soldats.
    Le groupe des autos s’arrêta à 300m de la frontière. Une des autos s’avança vers le poste de garde allemand et demanda passage sous prétexte d’avoir à parlementer avec la garde hollandaise. Les Allemands obéirent et enlevèrent la chaîne qui bloquait le passage. Instantanément l’ensemble des autres autos fonça sur le territoire hollandais.
    Le soldat Braeken et le sergent Pinckaers
    Le tour était joué, croyait-on. Oui..., mais un soldat hollandais de garde, armé et prêt à tirer, s’opposa au passage. Il ne savait d'ailleurs pas qui il avait devant soi.
    Le nom de ce simple soldat qui eut, sinon l’honneur, au moins la chance d’arrêter l'Empereur de toutes les Allemagnes, est passé dans l’histoire. Il s'appelait Gilles Hubert Braeken. Né à Gronsveld le 15 juillet 1891, il fut dans le civil valet de ferme et lors de la mobilisation générale incorporé au 48e bataillon de la garde territoriale. Après la guerre, il immigra en Belgique et mourut à Mortroux en 1966.
    Immobiliser un convoi n'était pas si difficile. Mais qu’en faire? Braeken héla son sergent : Pierre Pinckaers, qui était également de Gronsveld et y habitait encore en 1968. C'est du moins ce qui nous fut dit. Mais le village belge de Remersdael conteste cette identité. Il y eut en effet à Remersdael un Jules Pinckaers, né à Epen (Hollande), marié à Joséphine Loop, qui y mourut à 67 ans, le 23 février 1957.
    Qui a raison ? Le fait que le souvenir mortuaire du Pinckaers de Remersdael ne fait mention ni de son lieu de naissance ni de son rôle dans les événements du 10 novembre 1918 à Mouland, plaide en faveur de Pierre Pinckaers né à Gronsveld.
    « Jawohl » dit Guillaume
    Capture d’écran 2018-11-12 à 14.21.47.pngLe sergent tint conseil. On opina qu’on avait à faire à des déserteurs et qu’il fallait renvoyer toute la cohorte à l'autre côté de la frontière. C’est alors qu’intervint le receveur des douanes hollandais, le sieur De Graaf. Il n’avait somme toute rien à voir dans l'affaire. Mais son conseil fut heureux. « Internez-les, dit-il, on ne sait jamais ! On verra après ». Les militaires se rallièrent à son point de vue. Mais ce propos : « On ne sait jamais » éveilla la curiosité des soldats de garde. Ils se mirent à roder et à fureter autour dés autos. Tout à coup, un des leurs fut frappé par le singulier comportement d'un des captifs, qui était plus petit de taille que les autres et tenait obstinément la main gauche en poche. Il en fit la remarque aux autres ; et alors un des leurs s’écria : « C'est peut-être le Kaiser ! ». On sait en effet que Guillaume II était paralysé du bras gauche.
    Celui qui avait lancé cette hypothèse fonça droit sur l’homme en question et lui demanda brutalement : « Etes-vous l'Empereur ? » et celui-ci répondit piteusement : « Jawohl ! ».
    Le Kaiser à la station d’Eijsden
    La nouvelle de la présence du Kaiser provoqua un tohu-bohu général et déclencha, comme nous le dit notre correspondant, un marathon de communications téléphoniques dans tous les sens.
    Entretemps arriva en gare d'Eijsden un train blindé, qui venait sans doute de Liège où on le tenait prêt à toute éventualité.
    On y installa l’empereur. Mais le train ne partit pas. Il n'y avait encore aucune instruction de La Haye. Il est possible que le gouvernement hollandais, au courant des pourparlers d’armistice qui avaient lieu en ce moment, préférait attendre le résultat avant d’admettre le Kaiser sur son territoire.
    Le fait est que le train blindé restait en place. Bientôt une foule de badauds s’assembla à la gare. Il y en avait de tout genre, mais les réfugiés de Liège et de Vise étaient les plus remuants. On avait abaissé les stores du train, ce qui cependant ne devait pas empêcher Guillaume II d'encaisser la série d'outrages populaires qui lui furent lancés en toutes langues et sur tous les tons. Le train partit le lendemain dans la matinée, le 11 novembre 1918.
    Sic transit gloria mundi.

    1. Justin Ansay, prêtre et ancien professeur du Collège Saint-Hadelin de Visé. Extrait de « Union », Bulletin de l’Amicale des Anciens, 1968.