Question fouronnaise

  • Droits humains: L’APFF tire la sonnette d’alarme à l’occasion de son vingtième anniversaire

    « Suite au repli identitaire de la Flandre qui a décidé de se retirer d’Unia (ex-centre interfédéral pour l’égalité des chances), on peut se demander à quelle sauce va être mangée la société civile lors de la préparation du rapport que la Belgique doit faire parvenir à l’ONU en octobre 2020, dans le cadre de son prochain Examen périodique universel (EPU) début 2021 », peut-on lire dans le numéro du vingtième anniversaire de « Nouvelles de Flandre », organe de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) qui a à son actif la promotion de quelque 10.000 activités culturelles en français au nord du pays, depuis ses débuts en 1999.

    Au directeur de l’APFF, Edgar FONCK, de poursuivre : « D’après le calendrier d’UPR-info(*), la consultation nationale aurait déjà dû commencer !

    Le site des Affaires étrangères est très explicite : « Le rôle joué par la société civile, y compris les ONG et les médias, est essentiel au fonctionnement de notre système démocratique, ainsi qu’à la protection des droits de l’homme. En contrôlant l’activité de l’Etat, la société civile agit comme un contrepoids nécessaire à son pouvoir. Le SPF Affaires étrangères accorde une grande importance à l’existence d’un dialogue avec les différents représentants de la société civile ».

    Déjà dans le rapport que notre pays a remis à l’ONU pour préparer son dernier Examen périodique universel (EPU), on pouvait lire : « La Belgique est déterminée à s’acquitter pleinement de ses obligations dans le domaine des droits de l’homme et à améliorer ses mécanismes nationaux chargés d’assurer un suivi dans ce domaine. Elle s’engage également à continuer d’établir les rapports destinés à tous les mécanismes des droits de l’homme, notamment à l’Examen périodique universel, dans les délais impartis et à coopérer avec ces mécanismes. La participation des organisations de la société civile à ce processus demeurera une priorité essentielle ».

    Lors de l’examen proprement dit, en 2016, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, soulignait que « la Belgique a une longue tradition de collaboration avec la société civile ». Et de préciser que « si la collaboration est intensive, il est clair qu’elle est toujours perfectible. Nous avons pris note des remarques de la société civile sur l’approche belge en vue de la rédaction du rapport de la Belgique au titre de l’Examen périodique universel et nous ne manquerons pas de voir avec toutes les autorités concernées comment améliorer encore le processus dans le futur. Lors du suivi de la session du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, nous ne manquerons par ailleurs pas d’engager un dialogue constructif avec la société civile ».

    Engagement aussi, lors de la 37ème session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, le 28 février 2018 : « La Belgique continuera de jouer un rôle actif afin que l’Examen périodique universel, qui est un processus de revue par les pairs unique en son genre, reste un instrument efficace, qui puisse contribuer à des améliorations concrètes de la situation des droits de l’Homme dans chaque Etat membre de l’ONU » et d’ajouter dans la foulée : « je tiens à souligner le rôle essentiel que la société civile joue dans la protection et la promotion des droits humains ».

    Forte de ces engagements répétés et de l’acceptation par la Belgique de la recommandation de la Pologne « d’associer la société civile au processus de suivi et de mise en œuvre des recommandations issues de l’EPU », l’APFF se demande pourquoi la société civile n’a plus été réunie depuis le débriefing du dernier EPU en avril 2016 ?

    Pourquoi la Belgique n’a-t-elle pas non plus remis de bilan à mi-parcours à l’ONU, suite à son dernier EPU ? La directrice du Service « Droits de l’Homme et démocratie » des Affaires étrangères nous avait pourtant assuré, en 2018, que la Belgique n’allait pas laisser passer l’échéance du bilan à mi-parcours.

    Faut-il y voir la mainmise des nationalistes flamands, comme dans d’autres dossiers relatifs aux droits humains ? »

    (*) https://www.upr-info.org/fr/review/Belgium

  • DÉFENDRE LE FRANÇAIS

    Si certains s’attendaient à voir le directeur des Francofolies de Spa devenir ministre de la Culture, il n’en est rien. Charles Gardier ne se dit pourtant pas déçu, bien au contraire. Il est surtout « très heureux pour Pierre-Yves Jeholet. C’est un poste de premier plan,Capture d’écran 2019-09-14 à 08.30.28.png avec des matières qui lui vont bien. C’est un beau défi qu’il relèvera, j’en suis sûr, de main de maître. C’est le ministre-président idéal ».

    Charles Gardier garde les pieds sur terre et pense déjà aux travaux qu’il y a à faire. « Je trouve que l’on ne défend pas assez la langue française. La preuve avec la Fédération WallonieBruxelles qui s’appelait anciennement Communauté française de Belgique. Ça veut tout dire ! », s’exclame le député. « Savoir parler anglais est une qualité presque indispensable à notre époque, mais ça ringardise la pratique du français. Il ne faut pas et on devrait s’inspirer d’autres communautés francophones comme le Québec qui est très bon dans la sauvegarde de la langue ».

    Pour pallier le manque de valorisation du français en Wallonie et à Bruxelles, Charles Gardier pense déjà à plusieurs projets qu’il garde pour le moment sous silence, mais qu’il proposera en temps voulu. 

    S.M.G. dans LA MEUSE VERVIERS du 14 septembre 2019.

    Dans LA MEUSE BASSE-MEUSE, on peut lire aussi cette phrase de Jean-Claude MARCOURT, désigné comme négociateur pour le gouvernement fédéral: "Ce qui me préoccupe, c’est l’intérêt des francophones."

  • Guy Coëme se trompe sur le mot "irréfragable"

    Capture d’écran 2019-08-27 à 09.05.14.png"La Meuse" fait appel dans ses éditions d'aujourd'hui aux souvenirs de Melchior Wathelet (Senior) et de Guy Coëme à propos de l'entourloupe constitutionnelle sur l’incapacité (morale) de régner du Roi Baudouin qui a permis de régler, en avril 1990, le problème de la signature de la loi sur la dépénalisation de l'avortement.
    Et Guy Coëme déclare que "c'est à ce moment-là que le mot "irréfragable" a été inventé."

    L'article 72 "bis" introduit à la suite de la loi d'août 1988 sur les communes à statut linguistique spécial précise que tous les élus (conseillers communaux, échevins et conseillers du CPAS) bénéficient de la présomption irréfragable (c'est-à-dire qui ne peut être contestée) de la connaissance de la langue de la région (le néerlandais dans les Fourons). Cette présomption irréfragable ne s'applique pas aux bourgmestres, mais à tout mandataire élu directement par la population pour le mandat exercé (article de Daniel Conraads, Le Soir, 2 juillet 1994).

     

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  • Le bourgmestre a refusé la vente

    Le 5 juillet dernier, un bâtiment communal situé dans le petit village de Rémersdael était mis aux enchères. Une nouvelle vente aux enchères qui, pour l'Action Fouronnaise, n'aurait que pour but d'affaiblir le réseau culturel francophone du village.

    Paisible village situé à une encablure de la Basse-Meuse, Rémersdael est secoué par une nouvelle polémique que certains qualifient même de communautaire. Rémersdael appartient à la commune à facilités des Fourons, dirigée depuis 2001 par une majorité néerlandophone (10 élus actuellement) à laquelle s'opposent les 5 élus francophones. Et des tensions linguistiques refont régulièrement surface. Comme il y a quelques jours lorsque la majorité a décidé de vendre aux enchères un bâtiment situé à Rémersdael. Une vente à laquelle s'oppose farouchement l'Action Fouronnaise. « Ce bâtiment est en partie occupé par un logement, vide depuis peu et, pour l'autre, il sert de local à deux associations culturelles francophones, détaille Grégory Happart, conseiller communal francophone. « Il sert de local de répétition à l'harmonie et de local des jeunes. La majorité n'a jamais rien fait pour entretenir ce bâtiment et maintenant, elle a décidé de le mettre en vente, privant ainsi ces deux associations d'un lieu où développer leurs activités. Parce que, dans le village, à part notre centre culturel qui n'est pas adapté pour les activités de ces deux associations, il n'y a pas de plan B ».

    Capture d’écran 2019-07-17 à 10.45.47.pngPourtant, face à cette situation, la majorité fouronnaise a décidé de se débarrasser de ce bâtiment, qui ne lui rapporte rien. Si Grégory Happart admet que le loyer demandé est symbolique, 1.000 euros par an, il estime aussi qu'il y a d'autres solutions que de vendre les lieux. « Le bail arrive à échéance en janvier 2021, le loyer aurait pu être renégocié. Elle pourrait aussi très bien demander des aides pour aménager de chouettes logements dans une partie et louer le reste aux deux associations francophones. Non on préfère vendre. C'est clairement un choix politique et linguistique pour affaiblir le réseau culturel francophone qui est encore très présent dans le village ». Le 5 juillet dernier, la vente aux enchères a eu lieu. L'enchère la plus haute a atteint 106.000 euros. Elle a été jugée insuffisante et la vente a capoté. « Si on a décidé de le vendre c'est parce qu'il ne nous rapporte plus rien, explique Huub Broers, bourgmestre de Fourons. Au contraire, il nous coûte. Et moi je dois aussi veiller aux finances communales. Le bail actuel sera respecté avec les nouveaux propriétaires. Mais Grégory Happart sait très bien que les associations ne se servent plus vraiment de ces locaux et qu'ils ont une salle juste derrière qui pourrait les accueillir. Mais s'il veut en faire une polémique, c'est son droit. » Le prochain conseil communal, fixé au 22 août, devrait se pencher à nouveau sur l'avenir du bâtiment et vraisemblablement relancer une procédure pour réorganiser une nouvelle vente aux enchères. 

    AURÉLIE DRION dans LA MEUSE BASSE-MEUSE du 17 juillet 2019.

     

  • Une énième vente publique, ce vendredi 5 juillet 2019, d’un bâtiment communal fouronnais qui saborde la vie culturelle et associative francophone

    Dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi, le conseiller communal Grégory Happart s'insurge contre la vente d'un immeuble à Rémersdael, au nom du Groupe RAL.

    Après avoir vendu les bois communaux, après avoir vendu les habitations - on se rappellera les incidents graves qui avaient émaillé la vente en 2001 à la buvette du SK Moelingen-, après avoir vendu l’école francophone abritant l’enseignement maternel et primaire aux Fourons, la majorité communale fouronnaise (VBL) organise, ce vendredi, la vente publique de l’ancienne école de Rémersdael. Un immeuble qui abrite un logement actuellement inoccupé faute d’entretien et de volonté, mais surtout le local des jeunes et le local de l’harmonie de Rémersdael.

    Une fois encore, la Commune des Fourons qui souhaite faire belle figure avec ses comités de participation, ses chartes du bien-être, de bonne santé… mais uniquement à l’attention des citoyens néerlandophones - la langue néerlandaise ayant seule le droit de cité - tente de saborder, sans état d’âme, la vie culturelle de tout un village trop francophone à ses yeux.

    Les associations culturelles rémersdaeloises se croyaient pourtant protégées par un bail en bonne et due forme. La majorité fouronnaise n’en a cure et organisera la vente publique, ce vendredi 5 juillet à 14h30, à la salle du Conseil de la Maison communale des Fourons (Place Communale 1 à 3798 Fourons). 

    Nous condamnons ces méthodes d’un autre temps et poursuivrons dans le calme et la dignité notre combat pour le respect des droits des Francophones des Fourons, le mandat que nous a confié une nouvelle fois la population fouronnaise aux dernières élections communales.